... réponses !

Que je vous explique ; l'exercice est intéressant, de tous les points de vue : il s'agit à la base d'une idée de la DCC, celle de mettre en relation des classes de collège avec des volontaires sur le terrain, histoire d'échanger sur l'expérience du volontariat. Curieuse comme je le suis j'ai sauté sur l'occasion : mais qu'est-ce que peuvent bien vouloir savoir ces jeunes, là, à portée de mails... sans omettre bien sûr que ça fait toujours rudement plaisir d'essayer de faire un semblant de quelque chose de tout ce que j'ai constamment sous les yeux.

Cette idée a été lancée fin 2006 (merci Julien) et rattrapée au bond là-haut en Europe par une prof de troisième (un petit coucou à Agathe en passant), qui y a collé ses élèves, qui à leur tour se sont empressés de bien jouer le jeux, et c'est ainsi que dès le 26 mars ma boîte mail se remplit, se remplit, se remplit... C'est donc sur cette page que je m'efforce de répondre à toutes ces questions, parfois sérieuses, quelques fois rigolottes, et toujours, toujours pleines de curiosité (merci à tous, chers élèves de 3ème, ça fait rudement plaisir tout ça).

Et puis assez parlé, tenez ; jugez plutôt par vous-même (je réponds aux questions dans l'ordre de leur arrivée, c'est bien plus sympa ; je regrouperai les questions qui se répètent seulement si elles appellent exactement les mêmes réponses).


26 mars 2007

Bonjour !

Comment ça va ? Nous c'est Camille et Emilie et nous aimerions vous poser quelques questions.

        Le contact a t-il été facile avec les mauritaniens?

        Avez-vous des amis proches dans ce pays?

En attente de votre réponse... A bientôt !

Camille et Emilie (3ème C)

Hé bien, ça commence rudement ; rien que la première question en appelle tellement d'autres... je vais tenter de ne pas m'éparpiller.

Le premier contact est ici toujours très facile : les gens sont pour la plupart très ouverts et très accueillants ; les étrangers sont toujours extrêmement bien reçus, à tel point qu'inévitablement la comparaison avec la culture source est quelques peu difficile. Notre froideur française est, vue de loin, incroyable voire incompréhensible et même, pour beaucoup de Mauritaniens, inimaginable. Je me suis souvent sentie honteuse lors de questions concernant notre "légendaire" (c'est ironique) sens de l'accueil des étrangers... Il existe toujours des exceptions, notamment quelques éléments extrêmistes, qui évitent tout ce qui ressemble à des Occidentaux, mais ils sont très peu nombreux.

Ceci pour le premier contact, donc, qui est toujours d'actualité, puisqu'on rencontre sans cesse de nouvelles têtes ; comme ils disent ici, "la vie c'est comme ça".

Passé cet accueil il s'agit ensuite de lier connaissance, c'est-à-dire de comprendre et de se faire comprendre de ses interlocuteurs ; c'est là que ça se corse très vite, pour tout un tas de très bonnes raisons. Bien que parlant la même langue (de nombreux Mauritaniens sont francophones), la communication est très vite difficile, ou tout du moins faussée, et elle le reste très longtemps, ne serait-ce qu'un peu.

En voici les raisons, illustrées de quelques exemples :

- nos valeurs culturelles ne sont pas les mêmes ; par exemple les valeurs touchant à la famille et aux contacts entre les gens sont ici très importantes voire sensibles, alors que celles du travail sont moindres. Un petit exemple illustrateur : mon collègue informaticien Dioum trouve normal qu'une de ses connaissances débarque dans le bureau pour recevoir un coup de main informatique, qui prendrait quelques heures de travail, pendant les heures de boulot, sans qu'il se soit d'abord penché lui-même (le demandeur) sur son problème, et, allons-y gaiement, pour des activités qu'il doit se faire par la suite rémunérer. J'ai bien écrit "débarque dans le bureau pour recevoir", car, bien sûr, il n'y a pas lieu de demander, puisque, c'est une évidence, on le lui donnera, ce coup de main, et, évidemment, dans la minute-même. Vous me direz que si c'est une fois, ce n'est pas si grave ; certes, je suis d'accord, dans les limites de l'acceptable : d'abord on essaie soi-même de se débrouiller, on s'intéresse à la question, ensuite on demande aux autres si c'est possible et si oui à quel moment, enfin il est fort probable qu'une telle demande aboutie dans l'instant laisse la place à quelques autres (ce qui est logique et parfaitement normal vu d'ici). De son côté, Dioum ne se pose pas ce genre de questions : il fonce spontanément pour rendre service, conserver un bon contact avec cet informaticien. Un jour peut-être le cas inverse se présentera, et il pourra alors se tourner vers lui (encore que cette réflexion, même si elle est en partie vraie, n'est pas du tout consciente, et encore moins calculée par les Mauritaniens). Vous avez là un bel exemple de sources d'incompréhension entre Mauritaniens et Occidentaux, qui peuvent vite, si elles se répètent et prennent de bonnes grosses proportions, mener à une méfiance malsaine des seconds envers les premiers, voire dans le pire des cas mener à une paranoïa à tendance raciste. Racisme né d'une incompréhension d'une bête différence entre les valeurs de chaque culture. Nous sommes tous humains, il nous faut nos repères, qu'il est bien difficile dans le feu de l'action de remettre en cause ou de considérer d'un autre point de vue. Je vous avouerais quand même que depuis plus d'1 an et demi que je suis là, je me suis à plusieurs reprises surprise à réagir "à la Dioum" : le coeur d'abord, la tête ensuite. Autant vous dire que ça fait un drôle d'effet (nous les Français, et surtout moi, sommes d'habitude plutôt frileux, réfléchis et ô combien hésitants), c'est plutôt amusant et, c'est sûr, jamais grave ; après tout les contacts humains ne sont-ils pas, en réalité et dans bien des domaines, plus importants que le reste ? Il m'aura fallut, moi la petite Française qui se croyait humaniste, venir en Mauritanie pour toucher du doigt à quel point ça peut être vrai, à quel point on peut faire passer cet être humain avant tout le reste.

- autre très bonne raison, certains mots et expressions ont un sens différent : par exemple "hého" veut dire "oui" en hassanya (dialecte arabe Mauritanien), mais ça sonne toujours, même quand on le sait, pour nous autres français, moins comme un aquiescement clair et définitif que comme une formule évasive genre "oui oui, c'est ça, mais c'est bien sûr, cause toujours". Ou encore l'inévitable "c'est bon" en lieu et place de "c'est bien" ; je ne sais pourquoi, au début cette formule, qui est sans cesse adaptée à tout ("La Mauritanie, c'est bon ?", "La chaleur, c'est bon ?", "Et le travail, c'est bon ?"), gêne notre sensibilité (comme quoi il faut pas grand chose). A tel point qu'au début on s'efforce d'appuyer sur le "Oui oui, la Mauritanie, c'est BIEN, la chaleur on s'y fait, c'est BIEN, et le travail aussi, c'est BIEN, c'est BIEN...", des fois que les Mauritaniens se mettent à adopter la nuance du "c'est bon" / "c'est bien", qui, tout bien considéré, est difficilement cernable... Egalement un truc difficile à accepter est la formule "l'autre", également servie sans cesse, même quand "l'autre" en question est là, juste à coté voire bien en face ; c'est au début très vexant, et puis on s'y fait, enfin on finit par l'adopter soi-même, au moins quand on veut railler quelqu'un avec l'accent local.

- de même, certains comportements ont un sens tout à fait différent : l'exemple le plus évident est celui de la poignée de main ; certains musulmans considèrent qu'il ne faut pas toucher une personne du sexe opposé si celle-ci n'est pas de la famille. Mieux vaut donc, lors des salutations, éviter de tendre la main aux hommes pour les femmes, et aux femmes pour les hommes, et attendre que l'autre le fasse ; ça m'arrive encore quelques fois, ce n'est pas grave, mais ça met toujours les 2 parties un peu mal à l'aise (les gens sont gênés de vous refuser la poignée de main et, même si vous savez le pourquoi de cette attitude, ça fait toujours un petit quelque chose de se voir ainsi "zapée").  De même, les contacts entre hommes et femmes, même fiancés ou mariés, ne se font pas en public, les plus anodins soient-ils. Par contre il n'est pas rare de voir 2 hommes marcher dans la rue main dans la main ; je vous assure que le sourire est difficilement contrôlable quand ces 2 hommes portent boubou (vêtement ample traditionnel, porteur de la dignité toute Maure, c'est-à-dire empreinte d'une bonne dose de sérieux, voire de gravité, et de fierté), aouli (turban Maure) et barbe longue style Frères Musulmans. C'est en tous les cas très sympathique, ça donne une ambiance très chaleureuse et humaine aux rues de la capitale.

Voici donc quelques raisons du décalage dans la communication, ressenti plus ou moins vite selon les personnes, et vécu plus ou moins douloureusement. Pour ma part ça a été très difficile, j'ai mis un bon moment à encaisser tout ce que ma sensibilité de Française à fleur de peau ne comprenait pas, à commencer à comprendre le pourquoi des attitudes les plus flagrantes, et à trouver comment me comporter et parler, en un mot comment communiquer pour être ce que je suis... mais je crois que c'est un peu râté, de ce point de vue je parrais, je le crains fort, encore très bizarre aux yeux et aux oreilles de mes interlocuteurs.  En France aussi c'était le cas, diraient certaines mauvaises langues de ma connaissance ; sachez que je vous ignore, bande d'A... ;) !!!

Pour la seconde question (enfin !), oui, j'ai ce qu'on pourrait appeler au moins un ami proche, un Mauritanien qui me connaît bien et que je connais bien, avec qui on se comprend, avec qui on est, sur le principal au moins, sur la même longueur d'ondes, mais ça n'a pas été sans mal, il a fallut pour cela vivre beaucoup d'expériences communes (notamment 2 voyages en sa compagnie dans la brousse mauritanienne), et, surtout, discuter beaucoup, vraiment beaucoup, sur tout, absolument tout, les choses les plus basiques soient-elles. Ce qui est difficile ici pour se faire des amis proches, en plus des différences culturelles qui tendent à nous éloigner, c'est d'avoir des activités et des centres d'intérêt communs, histoire de passer un minimum de temps ensemble ; en l'occurence avec Abdallahi ce furent les voyages à l'intérieur du pays et l'intérêt pour la culture (nous hantons chacun régulièrement le Centre Culturel Français), qui nous ont rapproché.

Sinon quelques autres amis Mauritaniens (Babah, Meden, Tourad et sa petite famille), moins proches mais néanmoins bien présents, ne sont jamais loin, ou jamais très longtemps.

Voilà pour la première question... et bien ! Si elles sont toutes de cet acabit, je risque de mettre quelques mois pour répondre à toutes :). J'espère que je vous ai, chères Emilie et Camille, bien répondu.


26 mars 2007

Bonjour nous sommes élèves de 3 C et nous voudrions savoir

- Quelles sont les marques de voitures? Y a t il des grosses voitures?

PORCHET Arnaud et BERTIER William (3ème C)

Et là, me voilà bien embêtée... Je suis vraiment une très mauvaise observatrice, en plus je suis une fille, alors imaginez... Non, sans blague, je vais tenter de vous répondre quand même le plus précisément possible.

Oui, il y a beaucoup de grosses voitures, ou plutôt il y en a suffisamment pour très vite se faire remarquer, d'autant plus qu'elles se concentrent à Nouakchott dans les quartiers riches.

Pour les marques, ça va, pour les taxis, des vieilles 4L Renault ou R12 à la carosserie rouillée et trouée aux bonnes vieilles Mercedes, toutes étant caractérisées par une absence plus ou moins totale de système de freinage (si vous avez de bons freins, évitez autant que possible de vous en servir, vous risquez de mauvaises rencontres au niveau du pare-chocs arrière).

Concernant les grosses cylindrées, il y a de tout : énormes 4x4 plus urbains que broussards, quelques Porsches, au moins une limousine, beaucoup de Peugeot 406, 607 et autres engins du même gabarit.

Bon... pas brillant brillant tout ça... promis, à mes prochains errements dans la ville j'observe de plus près les marques des voitures !

Petit détail sympa, souvent ce sont les femmes qui conduisent, soit parce qu'elles ont laissé le mari aux affaires et qu'elles ont besoin de la voiture, soit parce que le mari préfère tout simplement se laisser conduire.

Enfin, ici les gens roulent très lentement, en ville tout au moins, raison pour laquelle les accrochages, très fréquents et qui donnent des sueurs froides à nos gros propriétaires, sont rarement graves.


26 mars 2007

bonjour

je m'appelle julien, j'ai 14 ans.

j'aurais une question a vous poser : quel est la densité moyenne des villes de la Mauritanie?

merci

amicalement julien (3ème C)

Alors là, pour le coup...  A l'aide, Wikipedia ! Malheureusement il n'y a pour le moment qu'une ébauche d'article... je t'en vais te modifier tout ça dès que j'aurai un peu de temps, tu vas voir c'que tu vas voir, espèce d'encyclopédie en ligne jamais terminée... j'ai l'air bien bête, moi, maintenant ;)... recherche, recherche... les chiffres manquent beaucoup et sont incertains, car en constante évolution ces dernières années (exode rural).

Quelques chiffres hasardeux quand même, glanés ça et là :

- densité moyenne (villes et brousse ensemble) : environ 3 habitants au km² (plus de 3 000 000 habitants pour 1 000 000 km²) / France : 112 habitants au km² (plus de 63 000 000 d'habitants pour environ 580 000 km²) ; 60% du territoire est désertique donc très peu habité.

- densité des villes (elles ont à peu près toutes la même morphologie, celles de brousse étant peut-être un peu plus étalées) : exemple : Nouakchott (capitale) : environ 1 000 habitants au km² (plus de 1 000 000 habitants, pour 1 000 Km²) / Paris : plus de 20 000 habitants par km² ; les immeubles ici sont rares, les habitations sont le plus souvent sans étage, ce qui fait ressembler Nouakchott, de l'avis de beaucoup, à un immense campement.

J'espère ne pas avoir dit trop de bêtise, tout cela étant juste pour donner une idée, à prendre avec précaution.


26 mars 2007

Bonjour,

Antoine 14 ans, et David 14 ans.

Alors nous sommes élèves de troisième au collège Saint Joseph de PIPRIAC, nous avions quelques questions à  vous poser !

En premier lieu nous voudrions savoir si les villages sont espacés les uns des autres. Et quel est votre salaire en euros ? Pour finir j'aimerais savoir votre débit internet en Kilo bit et quel est le prix du serveur de votre site et si c'est vous qui aviez créé celui-ci.

Voila merci d'avoir consacrer de votre temps à lire notre texte

Amicalement energy et guizmot! (3ème C)


Alors...

Les villages sont plutôt espacés les uns des autres si on considère le nombre de routes goudronnées (4) et le fait que les gens doivent se déplacer à pieds, à dos d'ânes ou de chameaux, au mieux en voiture mais par les pistes, parfois terriblement détruites pas les pluies d'hivernage (août-septembre) et bloquées par les marigots (marécages formés à la même période, parfois en plein désert !).

Mon "salaire" n'en est pas vraiment un ; il est considéré comme étant une indemnité de subsistance, histoire de pouvoir me payer à manger et m'habiller (je suis logée par Caritas Mauritanie). L'année dernière et jusqu'à l'arrivée de la nouvelle volontaire, cette "indemnité" était de 200 euros ; extrêmement juste vu le coût élevé de la vie dans la capitale, mais je ne le connaissais pas avant de venir, raison pour laquelle je n'avais pas négocié. Depuis janvier, afin de rééquilibrer un peu et grâce à Chloé, nouvelle volontaire qui a négocié ferme (ouf, merci Chloé), elle est passée à 400 euros.

Nous avons l'ADSL à Nouakchott, trop bien ! Je l'ai fait installé l'année dernière à Caritas Mauritanie. L'association paie 25 000 UM par mois (environ 75 euros) pour du 256 kbits. Quelques coupures et baisses de débit sont à déplorer de temps à autres, mais rien d'excessif.

Concernant mon site il est hébergé en France par l'équipe de Teria (que je remercie bien chaleureusement au passage ; sur les nombreuses demandes envoyées, ils sont les seuls à m'avoir répondu), et, oui, c'est moi qui l'ai fait, en très peu de temps car je l'ai simplifié au maximum (HTML et CSS seulement, ce qui fait par exemple que ceci n'est pas un vrai forum :) !)

Voilà voilà, je crois que tout est dit...

PS : merci pour la mise en forme de votre texte et les petites icônes très sympas, j'ai apprécié !


26 mars 2007

Bonjour, nous sommes élèves de 3ème C et nous avons quelques questions à vous poser merci de bien vouloir nous répondre :

Y a t-il des quartiers riches et des quartiers pauvres ou est-ce que tout le monde est mélangé ?

Les femmes ont-elles les mêmes droits que les hommes ?

Quel est votre métier ?

Avez-vous bien été accueillie dans ce pays?

Préférez-vous la France à la Mauritanie?

Pourquoi avoir choisi de partir là-bas ?

Manuela Bouchard et Alexia Frangeul (3ème C)

Oula... Je sens que ça va être long, tant de curiosité, vraiment vous êtes trop forts ! Du calme, du calme... Allons-y.

Les quartiers riches et pauvres sont bien séparés, mais chacun comporte son lot "d'égarés" ; les pauvres s'égarant chez les riches pour se rapprocher du travail (gardiens, jardiniers, femmes de ménage, cuisinières, chantiers, ...) et de l'eau (priorité aux construction des riches, hein, quoi de plus normal...), les riches s'égarant plus rarement chez les pauvres... Tellement rarement en fait que finalement je crois bien avoir dit une grosse bêtise :) ! En bref je ne connais pas de gens vraiment très riches habitant les quartiers pauvres, mais j'imagine qu'il doit y en avoir (en même temps qu'observer les marques, je tenterai de pister les grosses cylindrées ! c'que vous me faites faire tout de même... je vais finir par avoir encore plus l'air bizarre que d'habitude :) !).

Les femmes ont les même droits que les hommes, oui, mais dans la pratique et dans la culture même elles n'ont pas le même statut ; traditionnellement restreintes au foyer, peu d'entre elles sont scolarisées et font des études. L'excision, comme dans de nombreux pays d'Afrique, est encore une pratique courante. Ceci dit ce sont elles qui gèrent le foyer et notamment l'argent de la famille. A noter que le gouvernement de transition a fait des efforts pour ouvrir aux femmes des postes dans la police et dans l'armée, ouverture dont beaucoup ont su profiter, au scandale de certaines autres femmes elles-mêmes, qui critiquent la tenue de leurs compatriotes, jugée trop "moulante".  Quant à la pratique de l'Islam en Mauritanie, il faut que vous veniez voir par vous-même l'usage du voile (accessoire de beauté) pour vous rendre compte des bêtises que l'on peut proférer de partout et à tort et à travers concernant cette religion. Comme les autres religions ou plus largement tout ce qui se rapproche de près ou de loin à des idéologies, c'est bien ce dont on fait des valeurs véhiculées qui importe... Et ce que font les Mauritaniens de leur religion me plaît bien, je dois bien l'avouer (non non, je ne suis toujours pas croyante).

Mon métier : informaticienne. Terme un peu large, je m'explique donc : mes études m'ont amenée à m'intéresser et, surtout, à pouvoir m'intéresser, à tous les domaines informatiques ou presque (système, réseau, base de données, développement logiciel). J'ai passé 2 ans et demi dans le développement logiciel d'outils de gestion (d'abord ST Microelectronics à Grenoble puis Handicap International à Lyon). Ici j'avais à la base pour mission de remettre en état le parc informatique de Caritas Mauritanie, d'organiser le service informatique et de passer le relais à Dioum, mon collègue Mauritanien. Dans les faits, grâce aux financements de nos partenaires et à Dioum, tout aurait pu se terminer dès septembre dernier. Enfin ça y est, j'ai pu commencer depuis janvier à améliorer le système d'information ; installation d'un serveur de fichiers sous linux, développement du site web et, par la même occasion je l'espère, d'un intranet.

Concernant la qualité de l'accueil, je vous renvoie à la première question à l'occasion de laquelle j'ai répondu à la vôtre (à moins que vous teniez à ce que je recommence... non ? ben pourquoi :) ????).

Est-ce que je préfère la France à la Mauritanie ? ... je mentirais si je disais non, et aussi si je répondais oui (je suis bizarre j'vous dis) ; la comparaison n'est en fait pas possible. J'aime ces deux pays. L'un a fait ce que je suis devenue pendant 25 ans, l'autre pendant bientôt 2 ans. Je les aime tous les 2 profondément, ainsi que mes amis qui s'y trouvent, sachant que dans l'un d'eux je serai toujours étrangère. Même si certains de mes amis, par excès de chaleur et d'ouverture disent me considérer comme Mauritanienne, comme faisant partie de leur famille (ces Mauritaniens, quels flatteurs tout de même !) ; ceci est inévitablement le cas pour tous les Occidentaux aimant ce pays : ils sont acceptés, happés sans concession possible par les amis locaux.

Je n'ai pas vraiment choisi de venir ici ; un poste m'a été proposé par la DCC en fonction de mon profil, j'ai sorti toutes les infos que je pouvais sur la Mauritanie pendant la nuit blanche qui a suivi cette proposition et j'ai dit oui (comment dire non avec un tel potentiel culturel ?!!!).

Merci pour vos questions et votre intérêt, je poursuis les réponses dès que possible. Et excusez les fautes, je me fatigue vite ce soir...


26 mars 2007

Bonjour,

Nous aimerions vous poser une question ?

Nous voudrions savoir si vous voudriez vivre là-bas tout votre vie?


A bientôt, Aurélie et Chloé (3ème C)

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Bonjour Sandrine,

Combien d'années pensez-vous encore rester en Mauritanie ?

Eric Prime (3ème)

Vivre ici toute ma vie ? Non, j'ai bien trop la bougeotte pour ça ! Mais y passer quelques années, j'avoue y avoir sérieusement pensé. On est tellement bien, ici, en tant qu'étrangers, une fois passées les incompréhensions, une fois accepté l'inacceptable (par exemple les restes des traditions esclavagistes, dessus de l'iceberg des problèmes ethniques et tribaux). Et puis il y a tout à faire, le pays a l'air en construction, les besoins en informatique ne manquent pas (j'ai souvent rêvé de m'installer ici quelques temps pour former des utilisateurs voire des informaticiens sous linux, informaticiens qui eux-mêmes formeraient des utilisateurs et d'autres informaticiens, qui eux-mêmes... c'est beau de rêver...). Mais non, j'ai réellement trop besoin de bouger. Sans oublier qu'il faut que je rentre un moment en France, reprendre contact avec les amis et la famille. 2 années pleines, ce n'est déjà pas si mal, et puis rien ne dit que je ne reviendrai pas, bien au contraire.

Plus généralement beaucoup d'Occidentaux s'installent ici pour un bon moment. Nouakchott a un climat tout à fait supportable (on y a même souvent froid entre décembre et mars), le contact avec les gens est, comme je l'ai dit, chaleureux, la Mauritanie se situe entre le Maghreb et l'Afrique Noire et constitue donc un bon point de départ pour des découvertes innombrables, sans oublier ses propres paysages, sa propre culture, ô combien riches et agréables (personnellement je suis complètement dingue de la brousse mauritanienne -plus précisément du Tagant-, des nuits sous la khaïma -tente traditionnelle- ou à la belle étoile, du thé à la menthe, du couscous mauritanien, et de tant d'autres choses encore...).

Le seul défaut du pays est, à l'unanimité des Occidentaux, le manque d'activités culturelles et sportives. De plus il faut vite un 4x4 quand on veut sortir des sentiers battus, ce qui rend vite les sorties très onéreuses voire inabordables. A Nouakchott ces problèmes sont moindres et très supportables (Centre Culturel Français, plage toute proche), mais ça peut gêner, surtout pour nos compatriotes venant de notre chère capitale, fourmillante d'activités.


26 mars 2007

Bonjour, voici notre question:

Combien y a t-il d'habitants à Nouakchott? Que mangez-vous là-bas?

Merci et à bientôt

Paul et François (3ème C)

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26 mars 2007

Bonjour Sandrine, quelles sont les plats typiques ?

Myriam et Jennifer (3ème B)


Nombre d'habitants à Nouakchott : environ 1 million (les données trouvées varient entre 700 000 et 1 800 000). Nouakchott a été créée par l'armée Française dans les années 1903-1904 ; à l'époque ce n'était qu'un camp militaire. Puis il a été décidé qu'elle serait la capitale de la Mauritanie, lors de son indépendance (28 novembre 1960) ; elle était alors habitée par 8 000 personnes seulement sur les 1 millions de Mauritaniens d'alors. Les sécheresses successives ont ensuite jeté beaucoup de ce monde sur la capitale, dont la population a augmenté d'une façon incroyable dès les premières décennies. Cette augmentation, non prise en compte par les gouvernements successifs ou très peu, est la cause de nombreux problèmes actuels de la capitale : habitations insalubres (appelées "kebbes"), désserte d'eau insuffisante (les charrettes à ânes traînant des fûts d'eau ont encore de "beaux" jours devant eux ; voir cet article pour plus d'infos), assainissement inexistant (décharges sauvages, très souvent très proches des kebbes).

Question nourriture, ça dépend de l'humeur et des moyens du moment ; à la capitale tout est possible, les supermarchés occidentaux l'ont déjà bien conquise, ainsi que les sandwicheries, kébabs, pizzérias et autres restaurants "à l'occidental".

La nourriture locale se compose essentiellement :
- de couscous mauritanien (semoule marron à très gros grains, j'adore), au mouton, au chevreau ou au chameau (très apprécié en brousse, agrémenté de graisse de chèvre ou de mouton aux dates)
- de riz au poisson (thieb bu diem), riz, poissons et légumes fris dans beaucoup d'huile, plat venu du Sénégal et que la majorité des Mauritaniens se sont appropriés (certains et même beaucoup -n'est-ce-pas M'sieur Dioum ?-, mangent ce plat tous les midis, surtout parmi la population Noire)
- de riz ou pâtes à la viande, agrémentés de diverses sauces plus ou moins épicées selon la culture des gens

Ces préparations sont servies dans un grand plat unique, par terre sur un tapis (présents dans toutes les pièces des habitations mauritaniennes : attention, obligation de se déchausser à l'entrée !), dans lequel tout le monde mange ensemble, à la main ou à la cuillère.

A connaître absolument, le coup de la tagine : en général composée de viande en sauce dans laquelle on trempe une bonne quantité de pain, elle n'est que "l'entrée" du repas. Gardez un peu de place pour la suite, vous risquez d'en avoir bien besoin malgré le thé digestif et le temps plus ou moins long (1 ou 2 heures) entre les 2 services.

Les fruits quant à eux commencent seulement à être appréciés à leur juste valeur, au moins à la capitale ; la route Nouakchott-Nouadhibou datant de fin 2005 et ouvrant l'accès sur le Maroc y est pour beaucoup. Le Mali voisin inonde aussi régulièrement la Mauritanie en divers fruits selon la saison (en ce moment, dès fin mars début avril, ce sont les mangues qui débarquent, un vrai régal).


26 mars 2007

Bonjour,

Nous voulions savoir, le climat est-il difficile dans ce pays ? L'immigration est-elle importante vers les pays étrangers ?

Auteur passé incognito (3ème A, B ou C)

Concernant le climat, ça dépend des régions, de la période et de l'heure de la journée :

- dans le désert, en toute période et particulièrement entre mai et novembre, la chaleur est insupportable entre 10h et 16h et il peut faire réellement très froid la nuit (les températures doivent être très proches de zéro je pense... à moins que cette perception ne soit l'effet du contraste avec la journé :) !).

- sur le littoral océanique par contre il fait très bon entre décembre et avril, voire même frais, il est rare qu'il n'y ait pas un petit souffle d'air qui rende la chaleur supportable. Les chaleurs commencent à être élevées dans la journée en avril, avec une pointe en août-septembre (températures normales en journée : plus de 40°). Quelques vents de sables sont à craindre pendant cette période, accompagnés souvent d'une grosse averse. En janvier-février le vent traîne aussi du sable et de la poussières mais il n'y a pas de gros vents de sable tels que ceux de période d'hivernage (saison des pluies). En mars c'est le vent du nord qui nous glace les os en soirée et jusqu'au petit matin. Le temps est toujours très sec, avec quelques jours par-ci par-là plus ou moins humides.

- dans la région dite "sahélienne", dans la vallée du fleuve Sénégal, il fait toujours très chaud, l'hivernage est, pour les occidentaux, difficile à supporter (chaleur, pluies, moustiques, vents de sable, marigots -marécages provoqués par les pluies-), mais pour les Mauritaniens c'est la fête, le temps des travaux dans les champs, des bêtes d'élevage bien en forme, des retrouvailles familliales au village...

- dans les oueds (lits de rivières saisonnières, asséchées une partie de l'année) et les oasis, plus au nord, août est la période de la guetna, le ramassage des dattes, qui est aussi une belle occasion pour retrouver le village, la famille, les troupeaux, en bref la brousse et son atmosphère si particulière. Pendant cette période le désert reverdit littéralement ; vous pouvez retrouver une vaste prairie d'herbe tendre là où le terrain était désolé et complètement sec une semaine auparavent. La végétation désertique en profite aussi pour rappeler qu'elle existe belle et bien et sortir ses couleurs vertes éclatantes. Le désert est alors encore plus enchanteur qu'il ne l'est d'habitude : le vert se marie drôlement bien avec tous les tons de rose, orange et blanc cassé du beau sable mauritanien.

Concernant l'émigration, la Mauritanie est un pays particulier, le peuple Mauritanien étant particulier :)... Très peu de Mauritaniens en effet s'aventurent dans les barques en partance pour l'Espagne ; ils pourraient pourtant le faire très facilement, après tout c'est de leurs côtes qu'une bonne partie des Africains désespérés se jettent à l'eau. Sans oublier qu'ils auraient des raisons de le faire : ils ne sont pas plus riches que leurs voisins, le pays n'est pas plus développé et, jusqu'à cet incroyable dimanche 25 mars 2007 (merci M. ould Mohamed Vall d'avoir tenu parole : eh oui, les Mauritaniens peuvent se vanter haut et fort d'avoir élu démocratiquement leur Président, ceci grâce à leurs militaires -quand je vous le disais, qu'ils sont particuliers, ces sacrés Mauritaniens...), ils n'avaient pas plus d'espoir que ça change. Mais non, allez savoir pourquoi (ce serait pourtant intéressant de se pencher sur la question, ça pourrait amener quelques pistes de solutions, ou au moins de réflexion pour les autres peuples) : fort attachement à leur pays malgré tout ? conscience et peur du danger océanique ? désespoir moins lourd à supporter ? pressions sociales moins fortes ? Comment savoir...

Ceci pour l'émigration clandestine. Quant à l'émigration officielle, celle-ci existe (je ne pourrais pas vous donner de proportion mais je rencontre rarement de famille qui n'a pas un parent à l'étranger) : hommes d'affaires, étudiants, jusqu'à il y a peu opposants politiques (3 août 2005, re-merci M. ould Mohamed Vall et militaires alliés), personnes qualifiées ne trouvant pas de travail dans le pays, personnes qualifiées nommées dans les organismes ou grands groupes internationaux, etc...

A noter que cette émigration est rarement définitive, ou que, si elle l'est, souvent malgré la volonté de la personne, les liens restent très forts entre l'émigrant et sa famille, avec retours au pays plus ou moins réguliers selon les moyens. Il n'est par exemple pas rare que le mari s'expatrie, laissant femme et enfants, cela pendant plusieurs années.


26 mars 2007

Bonjour,

Quelle est leur religion?

Yoann Nicolas (3ème B)

Officiellement les Mauritaniens sont 100% musulmans ; la Mauritanie porte d'ailleurs le nom de République Islamique de Mauritanie. En réalité quelques uns, dont le nombre est très difficile à déterminer, sont chrétiens (le plus souvent catholiques ou protestants), et certainement d'autres encore ont-ils d'autres religions, mais je n'en ai jamais rencontrés. Bien que les Mauritaniens soient (sauf rares exceptions) tout à fait étrangers aux extrêmismes, la religion reste un sujet très sensible ; un Mauritanien qui serait chrétien serait obligatoirement vu comme un musulman converti, ce qui serait tout à fait inacceptable : le Coran a un caractère sacré au plus haut niveau (il EST la parole de Dieu dictée au prophète Mohamed, ce qui est une des différences fondamentales avec la Bible, dans laquelle les Saints chrétiens "racontent" l'histoire de Dieu descendu sur Terre -dites-moi si je dis des bêtises, je ne suis pas très catholique...), et que le remettre en cause n'est pas envisageable pour les musulmans. Ce serait remettre en cause le livre sacré donc la parole sacrée et par conséquent ce serait soit remettre en cause le caractère sacré du Coran (ce qui, il faut avouer, quand on est musulman, n'est pas forcément agréable, surtout quand la personne qui le remet en cause a été musulmane), soit  remettre en cause l'existence de Dieu lui-même (ce qui est finalement tout aussi grave sinon plus), soit les 2, bien sûr. Une telle conversion n'a, pour un musulman convaincu, absolument aucun sens, c'est tout simplement impossible.

Ceci explique que les Mauritaniens non musulmans, qu'ils soient convertis ou qu'ils soient dès la naissance non-musulmans (quelle horreur... mais si mais si, ça existe ; beaucoup de Mauritaniens n'ont-ils pas des origines étrangères, que ce soient Françaises, Sénégalaises, Maliennes, ... ?!???) observent la plus grande discrétion. Rares sont ceux qui se rendent à l'église. La communauté chrétienne, tout au moins catholique, est d'une extrême prudence quand il s'agit de parler de sa religion aux Mauritaniens ; la peur d'être accusé de prosélytisme calme très vite tout le monde.

A ce sujet d'ailleurs Caritas Mauritanie est tout spécialement exposée ; ONG Mauritanienne, son Conseil d'Administration et une partie de sa direction n'en est pas moins catholique, ce qu'ici personne n'ignore. Par bonheur 95% des salariés sont Mauritaniens, donc musulmans, ce qui permet de balayer très vite d'un revers d'évidence toute tentative d'accusation.


26 mars 2007

Y a t-il des richesses du sous-sol ?

Benjamin (3ème B)

Oui, les sous-sols sont riches, bien qu'encore peu exploités au regard de cette richesse. Des sondages sont régulièrement pratiqués pour augmenter cette exploitation, le potentiel, ai-je ouï-dire, est énorme (mais chut, c'est un secret).

- le fer, dont un gisement important est exploité depuis un petit moment déjà (1963) dans le nord du pays (petite anecdote : c'est pour acheminer ce minerais que le seul chemin de fer du pays a été construit : 700 km parcourus par un train minéralier qui il y a peu remportait le record mondial des 3 L : le plus Long, le plus Lourd, le plus Lent ; on peut très facilement voyager par ce colosse, soit dans le wagon voyageurs, soit... dans les wagons de minerais, vides ou pleins ; douche et changement de vêtements à l'arrivée vivement conseillés !!!)

- le cuivre et l'or : déjà exploités, une nouvelle mine vient d'ouvrir en ce début d'année 2007

- le gypse

- le phosphate et le soufre : non encore exploités, les études ont commencé, à suivre...

- enfin, au large des côtes mauritaniennes des nappes de pétrole viennent de commencer à être exploitées (ce qui a d'ailleurs donné lieu à un beau procès l'année dernière concernant les contrats passés avec les sociétés exploitantes).

Ces richesses sont exportées quasiment directement, juste après un traitement minimal facilitant leur transport ; elles sont extrêmement peu (voire pas du tout ?) transformées dans le pays. C'est un des nombreux potentiels du pays à développer, si tous les gisements ne sont pas vendus éternellement (si je ne me trompe parfois avant même leur découverte)...


26 mars 2007

Bonjour !!

Nous aurions une question à vous poser sur la Mauritanie !

La Mauritanie est-elle un des pays les plus pauvres d'Afrique ????

A bientot !

Noémie et Julie (3èmeB)

D'après le classement du PNUD pour l'année 2005, la Mauritanie arrive 152ème sur 177 pays ; oui, c'est donc un des pays les plus pauvres du monde. Ce classement fait référence à l'indicateur de développement humain (IDH), défini par l'ONU en 1990.

Pour résumer, cet indicateur prend en compte :
- l'espérance de vie ; Mauritanie : 52.7 ans
- le taux d'alphabétisation ; Mauritanie : 51.2% (hommes : 59%, femmes : 31%)
- le taux de scolarisation ; Mauritanie : 45%
- le niveau de vie, basé sur le PIB par habitant ; Mauritanie : 1 766$ (France : 27 677$)

... non, c'est pas joyeux tout ça... Mais ça va changer ! On compte sur vous, M.Ould Cheikh Abdallahi (premier président Mauritanien élu démocratiquement, ce 25 mars 2007 ; non, je ne m'en lasse pas, ça fait tellement plaisir !) : le monde entier (en particulier Africain et Arabe) vous regarde.


26 mars 2007

Bonjour

Que cultivent les agriculteurs en Mauritanie?

Fabien (3ème B)

Les cultures se font principalement dans la vallée du fleuve Sénégal, où le terrain est humidifié grâce aux pluies beaucoup plus fréquentes qu'ailleurs, ainsi que grâce aux débordements du fleuve, fréquents pendant l'hivernage. Dans le reste du pays les cultures sont possibles principalement grâce aux retenues d'eau, naturelles ou artificielles, qui retardent l'assèchement total de la terre. Ailleurs, en plein désert où il pleut extrêmement rarement, les oasis constituent des zones particulières, suffisamment humides pour que les palmiers datiers donnent de très belles récoltes, que l'on peut trouver sur les marchés locaux quasiment toute l'année.

Très grossièrement (tout ça mériterait d'être complété, détaillé et précisé), les cultures que l'ont trouve en zone sahélienne sont :
- céréales (principalement blé -voir détails plus bas !-, sorgho et maïs)
- riz
- pommes de terre, ignames
- divers légumes (tomates, aubergines, calebasses, melons, pastèques, salades, et d'autres encore dont j'ignore le nom)
- arachides (appelées chez nous cacahuètes)
- jujubes (bonbons de brousse)

Sans oublier, à Nouakchott, l'indispensable menthe pour mettre dans le thé !

Cette production est très insuffisante pour nourrir toute la Mauritanie, qui doit importer une grande quantité de fruits et légumes des pays limitrophes.


26 mars 2007

Combien d'élevages différents y-a-t-il en Mauritanie ?

Marie et Marieline

Après les cultures, les élevages ; très bien, très bien... vous seriez-vous concertés ou est-ce le hasard ?

Les élevages sont une des principales sources de richesse de la Mauritanie ; élevage de chameaux dans la zone désertique et le nord de la zone sahélienne (ces dignes bêtes ne supportent pas les climats et les végétations des zones trop humides, où de toutes façon elles sont loin d'être les bienvenues, périmètres cultivés obligent), chèvres et moutons un peu partout sauf dans le désert, vaches dans la vallée du fleuve Sénégal, quelques élevages de poulets (notamment à Nouakchott). Autres élevages, moins importants : les chevaux dans la vallée du fleuve et... les ânes ; animal méprisé et souvent maltraité, il est pourtant indispensable à la Mauritanie, tant pour le transport de marchandises que pour celui de l'eau (c'est aussi vrai à Nouakchott, dont le réseau de distribution est loin de couvrir tous les besoins).

Concernant ces ânes, vous pouvez tomber en pleine brousse sur des troupeaux immenses, qui s'approprient pratiquement exclusivement certains coins ; nous sommes tombés, lors d'un petit tour dans le Tagant, sur une guelta (bassin d'eau creusé dans la roche et qui se remplit lors des rares pluies tombant dans les régions quasi-désertiques, servant de réserves d'eau pour les troupeaux allentours) entourée d'un "champs d'ânes"... à croire qu'ils étaient cultivés là par des agriculteurs assidus, tellement il y en avait ! Le tableau était magnifique : la roche noire de la région, le sable rose-orangé autour, quelques buissons verdoyants, la guelta entourée d'une falaise et rendue accesible à un endroit par du sable accumulé en pente douce, et au milieu, partout, des ânes, des ânes, des ânes, un gisement, une profusion d'ânes, et, perdus au milieu, quelques vaches, quelques chèvres et aussi quelques humains, les uns traquant les crocos de la guelta (rescapés d'une période préhistorique, coincés là, en plein désert, lors du retrait des eaux) avec des fusils, les autres les mains vides, ayant piteusement oublié leur appareil photo sous la khaïma -tente traditionnelle-, au campement (c'est malin ; promis la prochaine fois que je passe par là -ce qui pourrait être très très bientôt- j'essaie de ne pas laisser ma tête à Nouakchott et de vous ramener une belle photo de cette magnifique pouponnière à ânes). Maintenant que j'y pense, ce genre d'exclusivité d'une réserve d'eau pour des troupeaux particuliers se vérifie aussi pour les vaches, mais ça surprend moins ; nous ne sommes pas vraiment habitués, en France, à voir tant d'ânes ensemble, même dans nos brousses...

Mais je me suis égarée... Ah oui, l'élevage en Mauritanie... Allez hop, retour à la capitale.

A Nouakchott, ce sont surtout les moutons et les chameaux qui font l'objet de commerce ; 2 marchés principaux, chacun consacré à l'une de ces 2 espèces, permettent de mettre en relation vendeurs et acheteurs. Ces marchés sont impressionnants, surtout celui aux chameaux ; le nombre de bêtes regroupées au même endroit donne un avant-goût du désert, tout proche. Les autres marchés sont quant à eux très bien desservis en viande de boucherie. Une utilisation possible de la viande, quelle qu'elle soit, est le tichtar, ou viande séchée ; c'est la méthode traditionnelle de conservation de la viande (ou du poisson pour les populations côtières, dont les Imraguen, qui utilisent ce moyen de conservation pour commercialiser leurs pêches) en zone sèche et chaude. La chair, de viande ou de poisson, est découpée en morceaux plus ou moins fins et mise à sécher sur un fil ; le vent chaud s'occupe de la sécher en très peu de temps (renseignements pris auprès d'un spécialiste, il faut environ 5 jours de séchage à Nouakchott pour des lamelles de viande de chamelle ou de boeuf).

Autre production permise par les élevages, les objets en cuir (chaussures, portefeuilles, porte-clés, ...) ; ce genre de travail est malheureusement culturellement très peu reconnu. Les artisans font en effet partie de la caste dite des "forgerons", très basse dans l'organisation sociale traditionnelle. On touche-là du doigt les problèmes que peut poser la persistance de ce système de castes, dans les mentalités si ce n'est tout à fait consciemment : spontanément les jeunes générations délaissent les métiers non reconnus socialement (en gros tout ce qui est travail manuel, à l'exception peut-être des productions artistiques). C'est ainsi que des savoir-faires ô combien précieux, tant culturellement qu'économiquement, disparaissent peu à peu avec la mort de leurs derniers détenteurs. Mais il me semble que du côté du travail du cuir un effort est fait pour contrecarrer ce problème déjà bien engagé (des coopératives artisanales, notamment à Nouakchott et Boutilimit, et sûrement ailleurs aussi, s'organisent) ; à voir...

Un objet en cuir typique, ou plutôt un ustensile, se constitue de la quasi totalité d'une peau de chèvre dont les extrêmités sont liées et servent à suspendre la peau en question ; cette ustensile s'appelle guerba et sert surtout à transporter l'eau et à la rafraîchir. C'est le "frigo du désert" (dixit mon ami Abdallahi). Je crois que les nomades s'en servent aussi pour le lait (qui, transporté sur les chameaux, tourne vite en beurre), la graisse et les dates. Aujourd'hui, ou plutôt dans notre monde sédentaire (puisque le monde nomade existe encore), ces guerbas sont encore, ou plutôt aussi, utilisées : certains chauffeurs-routiers les accrochent à leurs poids-lourds (en général ces routiers sont aussi porteurs de l'aouli, le turban maure traditionnel), et on les trouve en ville aux portes de certaines maisons et mosquées, qui mettent ainsi à disposition de tous de l'eau toujours fraîche et "goûteuse" (elle a quand même un petit arrière-goût, indéfinissable pour la toubab -étrangère- que je suis).

Au passage, une petite anecdote perso ridicule ; j'ai entiché du joli nom de Guerba la chienne que j'ai trouvé -ou plutôt qui m'a trouvée- il y a quelques semaines... il faut dire qu'elle le mérite largement ; d'abord du point de son activité intense (celle d'un chien normal je crois, rien la journée, pas grand chose la nuit), ensuite du point de vue de la "forme" : imaginez un chien à grandes pattes qui se met sur le dos, les pattes en l'air, dès qu'un humain l'approche à moins d'un mètre... ça ressemble un peu à ça, une guerba ; reste plus qu'à suspendre :) !


26 mars 2007

Bonjours Sandrine, ca gaz ?

Nous oui, nous voudrions vous poser une question,

Ce serait pour savoir si il y a beaucoup d'agriculture dans ce pays, et si elle et importante ?

Merci de nous répondre. Cordialement.

! David et Maxime ! (les boss de 3ème B)

Oui oui ça gaz, merci !

Bon... du coup je vais bien devoir m'y coller, à détailler un peu ce domaine agricole :) !!! Ainsi que les moyens dont disposent les Mauritaniens, qui n'ont rien à voir avec le magnifique tracteur de votre mail... C'est parti !

Recherches, recherches...

D'après une étude de 2004 de la CEDEAO :

- blé : grosse bêtise dans ma première réponse, décidément bien bâclée ; si les Mauritaniens en produisent, ce serait très très peu ; ils importent quasiment tout ce dont ils ont besoin (j'ai été induite en erreur par le fait qu'il y a à Nouakchott une entreprise qui se nomme Les Moulins et qui est sensée, entre autres choses, produire de la farine... elle importerait donc tout son blé ?!!! Remarquez c'est vrai que je n'ai jamais vu de champs de blé ici...)

- riz : un peu moins de 50 tonnes produites, environ 60 tonnes importées

- sorgho : environ 80 tonnes produites, très peu importé

- haricots, pois : un peu moins de 50 tonnes produites, très peu importés

- dattes : environ 30 tonnes produites, très peu importées (est-ce encore le cas ?!??? Sur les marchés je peux vous dire qu'on trouve de tout, et que les Mauritaniens, bien que très chauvins sur ce plan, ne mangent pas que leurs dattes)

- pommes de terre : production apparemment quasi-nulle, les 20 tonnes consommées sont apparemment importées (mais mais mais... mes fournisseuses habituelles mentiraient-elles quand elles me disent que tous leurs légumes sont cultivés en Mauritanie ?)

- oignons : environ 20 tonnes consommées (bizarre, aux quantités sur les marchés j'aurais dit que c'était au moins autant que le riz), quasiment toutes importées

 - arachides, mil, maïs, ignames, niébé (j'en avais oublié quelques uns là-haut) : production très faible

 - les autres dont j'ai parlés ci-avant ne sont pas mentionnés ; leur production doit donc être quasi-nulle (elle est quand même bien réelle ; à moins d'une hallucination, je les ai bien vu... enfin il me semble :) !)

Passons aux moyens de production : les engins agricoles modernes sont très rares, tout se fait manuellement, avec l'aide des animaux, boeufs, chevaux et ânes. Il y a bien eu quelques tentatives d'ONG ou du Gouvernement de moderniser tout ça, mais, soit par laxisme budgétaire, soit par détournements, soit par manque réel de moyens, quasiment aucun  village n'a pu ou su maintenir les machines en état de marche. L'irrigation des cultures, dans certains villages, pose déjà un gros problème et limite vite les périmètres ; creuser des puits ne suffit souvent pas. Les motoriser non plus, cette solution ne tenant pas sur la durée puisque ces villages auraient déjà à peine de quoi se nourrir si ces jardins produisaient correctement. Ils auraient besoin d'un fond d'entretien amené en permanence, et là, seuls le Gouvernement, des organismes de crédits ou des ONG pourraient les aider. Malheureusement, en Mauritanie les subventions d'Etat n'existent pas encore ou très peu, les organismes de crédit ont des exigences désormais trop importantes (merci aux petits malins qui se sont remplis les poches et n'ont jamais eu l'intention de rembourser les premiers prêts ; les suivants sont bien pénalisés), quant aux ONG, lassées au bout de quelques années, elles finissent par quitter les zones, bien souvent un peu trop rapidement, sans avoir assuré ou aidé à assurer la relève. Et voilà du bon matériel bien moderne, pompes à eau ou tracteurs, qui pourrit lentement par-ci par-là par manque de fonds pour acheter parfois une petite pièce de rien du tout. Pendant ce temps des enfants encouragent les ânes qui tirent les cordes des puits, d'autres remplissent les bidons sur les charettes, les hommes et les femmes cultivent à la bêche traditionnelle.

... il n'y a pas si longtemps "nous" vivions aussi ainsi... les gens d'alors étaient-ils moins heureux ? Peut-être est-ce une mauvaise question, ou une question mal posée. Je ne suis pas une nostalgique du Moyen-Age, mais parfois je me demande... il doit bien y avoir un juste-milieu entre la bêche et la moissoneuse-batteuse, entre la production familliale et la production intensive, entre leur mode de vie et le nôtre. Je ne leur souhaite en tous les cas pas d'arriver à nos extrêmités, ni d'en emprunter la voie, ou alors de savoir s'arrêter à temps ; le malaise de nos agriculteurs Français, le mouvement de nos broussards de paysans pour un retour à une agriculture plus raisonnée, et celui de nos consommateurs pour retrouver le lien avec les producteurs, tout cela ne peut que faire penser qu'il existe forcément d'autres voies, et espérer que ceux qui ne se sont pas encore engagés dans la nôtre trouvent la bonne, en trouvent une bonne, quelle qu'elle soit, respectueuse tant de l'homme que de la nature. Oui, c'est là tout le mal que je souhaite à la Mauritanie, de trouver l'une de ces voies...  Petite pensée pour M.Ould Cheikh Abdallahi, qui doit être en pleine composition de son Gouvernement... euh, peut-être pas maintenant, remarquez ; maintenant la voix du muezine de la mosquée Saoudienne voisine retentit depuis un petit moment déjà (19h30 heure locale), il est donc plutôt temps pour les Mauritaniens d'aller prier... et pour moi d'aller me reposer ; à très bientôt !


26 mars 2007

La ville à quoi resssemble t-elle (maison, immeubles...) 

bonne fin de journée

Michelle

Globalement les maisons sont rarement à étage, les toits sont plats avec une ouverture donnant de plein pied dessus. Ces toits sont très appréciés pendant la saison chaude ; les khaïmas (tentes traditionnelles) en profitent pour prendre l'air là au-dessus et permettre aux gens de respirer sans cuir littéralement au soleil pendant la journée. Tandis que les nuits, tous les gens, même sans khaïma, squattent ces endroits ô combien agréables alors, agrémentés d'un petit souffle frais tout droit venu du large.

Cette absence de hauteur des habitations est plutôt positive ; celles-ci sont souvent très proches les unes des autres, sans jardin ou alors très petits, et toutes ces habitations en rez-de-chaussée permettent de ne pas se sentir écrasé par cette proximité. Mieux encore, dans les quartiers bénéficiant d'un peu de verdure, de buissons ou d'arbres (le plus souvent des prosopis ou des palmiers, sauf à l'ambassade de France, qui a sa forêt particulière), ceux-ci dépassent vite les maisons en hauteur, ce qui n'est pas pour déplaire aux broussards dans l'âme que sont les Mauritaniens. Il n'est pas rare que ces arbres, fragilisés par leur taille, le sol sableux et parfois les insectes (termites si je ne me trompe pas), finissent par tomber lors d'un vent de sable soufflant en bourrasques sans que personne n'ai eu même l'idée de devoir les enlever. Sans compter que ces arbres fournissent des sortent de haricots très nutritifs que les éleveurs de chèvres ou d'ânes citadins ramassent pour régaler leurs bêtes.

Les quartiers riches sont également dotés de maisons basses, souvent avec 1 étage et un jardin. Ce qui surprend vite c'est que même dans les nouveaux quartiers proches du désert où la place ne manque pourtant pas, les murs entourant les maisons sont toujours très proches de celle-ci ; habitude ? manque d'intérêt pour les jardins ? protection contre le sable ? Vous trouvez ainsi des fenêtres en rez-de-chaussée espacée d'à peine 1 mètre du mur.

Par peur instinctive des voleurs, quasiment tous les murs sont réhaussés de protections ; pics, tessons de bouteilles ou buissons piquants. De même les fenêtres sont rarement nues ; barreaux, grilles plus ou moins artistiques en fer, finissent de donner comment une impression de paranoïa collective.

Les rares immeubles se concentrent dans le quartier des affaires : banques, hôtels, université, ministères, bâtiments administratifs, ainsi que quelques immeubles d'habitation. Petite anecdote : l'une des constructions les plus hautes se nomme Al Khaïma et n'échappe pas à la mode de ces petites soeurs : 2 immenses khaïmas la recouvrent fièrement.

Autres bâtiments imposants concurrençant ces immeubles, les mosquées ; les 2 tours de certaines, souvent financées par des pays étrangers (Arabie Saoudite, Maroc), servent très vite de points de repères aux nouveaux venus. Les mosquées sont aussi les seuls endroits où il y a un peu d'espace, tant à l'intérieur que dans leur cours ; celle du marché 5ème par exemple, bien qu'assez modeste comparativement à d'autres, contraste de manière impressionnante avec la profusion de petites constructions qui l'environnent, fourmillantes d'humains, commerçants et acheteurs, de produits, d'animaux et de véhicules. Ces lieux saints prennent ainsi très vite l'aspect de havres de tranquillité.

Je crois que c'est tout...


26 mars 2007

 quels sont les moyens de transport ?

Thomas (3ème B)

A Nouakchott vous avez le choix entre les taxis et les bus. Les premiers sont de 2 types : les R12 en très mauvais état parcourant des lignes régulières et où 6 personnes peuvent s'installer "plus ou moins" confortablement moyennant une somme modique (quelques dizaines d'ouguyias, soit quelques dizaines de centimes d'euro), les autres (souvent des Mercedes) vous emmenant où vous voulez moyennant des sommes raisonnables (de 200 à 1 000 ouguyias, soit de moins d'un euro à  3 euros). Les bus quant à eux sont en aussi bon état et aussi jeunes que les R12. Ce sont de petites fourgonnettes "adaptées" pour le transport de personnes : 2 bancs se font face, sur lesquels peuvent s'asseoir 6  ou 7 personnes, laissant quelques places debout au milieu pour les plus courageux. Quelques personnes peuvent encore se maintenir sur le marche-pied arrière. En général chaque bus a, en plus du conducteur, un "assistant", justement une des personnes juchées sur le marche-pied, qui indique au conducteur qu'un passager veut s'arrêter, en tapant vigoureusement contre la paroi du bus. Sinon vous avez toujours la bonne vieille solution de la marche à pieds, pas très agréable dans cette ville ensablée, sans trottoir et encombrée, où les voitures se fichent éperdument des piétons (elles ont bien assez à faire avec leurs "congénères").

... J'allais oublier... A Nouakchott toujours, les charettes à ânes peuvent prendre à l'occasion quelques passagers, et il existe aussi des calèches à chevaux parcourant le cinquième et le sixième.

Pour les trajets plus longs c'est en gros la même chose (la marche à pieds, les calèches et les charettes exceptées :)...), à ceci près que les bus sont en général un peu moins bondés et que tous ces véhicules sont surchargés de bagages en tout genre, chèvres comprises, qui ont presque l'air d'apprécier la balade, ficelées là-haut sur leur toit (pour les chameaux prévoir un 4x4 spécial, pick-up dont le plateau est réhaussé de protections en fer plus ou moins artistiquement travaillées). Quelques tentatives pour moderniser tout ça sont faites en ce moment par des entreprises privées, entre Nouakchott et Atar et entre Nouakchott et Nouadhibou ; espérons que ça fonctionne.

Autre moyen de transport, anecdotique celui-ci mais qui a quand même son rôle, le train minéralier, entre Nouadhibou et Zouerate, qui dispose d'un wagon voyageurs (j'en ai déjà parlé plus haut) ; mieux vaut ne pas être pressé : au départ vous ne savez pas quand vous partez, une fois en route vous ne savez pas quand vous arrivez et une fois arrivés vous ne savez pas quand vous pourrez repartir (je suis ainsi restée "coincée" 3 jours dans la ville minière, pendant ma semaine de vacances en avril 2006 ; l'occasion de visiter cette petite ville très particulière et son musée retraçant l'histoire de la région, intimement liée à celle des mines de fer toutes proches).

Côté location vous pouvez trouver des routières (en général des Mercedes) pour 16 000 UM par jour (environ 50 euros), et, pour aller en brousse hors des routes goudronnées, vous pouvez vous procurer un 4x4 (20 000 UM la journée, soit environ 60 euros + le gasoil, à prévoir en quantité abondante pour rouler sur les pistes).

... voilà voilà... bon, sinon vous avez toujours les chameaux, mais mis à part les touristes et les vrais nomades persistants, je ne connais pas grand monde qui les empruntent, surtout en ville :)...


26 mars 2007

Bonjour, Quel accès avez-vous à l'eau potable ?

David et Aymeric (3ème B)

Dans le quartier où j'habite, joliment nommé "Ilôt K", nous avons, en théorie, l'eau courante. Je dis en théorie parce qu'en pratique, ce quartier résidentiel étant l'un des plus vieux de Nouakchott, les canalisations sont par endroits vêtustes -pour ne pas dire pourries-, ce qui fait qu'on a régulièrement des coupures d'eau, plus ou moins longues selon les contacts mis en marche pour la retrouver. Quand ça arrive il ne reste plus que 2 solutions : faire appel à un camion citerne, qui ne se déplace pas pour rien (mieux vaut s'arranger avec les voisins si ils sont dans la même situation), ou faire appel à une bonne vieille charette à âne, qui vous ravitaille 2 fûts à la fois (le prix étant variable selon la distance à la source d'eau - puits ou robinet).

Comme vu plus haut l'eau est une question sensible à Noualchott ; les sources qui alimentent la ville se situent à 40 km à l'est dans le désert, par des canalisations qui n'ont pas intérêt à subir d'avarie -ou plutôt c'est nous qui n'avons pas intérêt à ce que ça leur arrive... (ravitailler d'urgence 1 million de personnes ne se ferait pas comme ça).


A suivre, mais pas tout de suite tout suite...

Partant quelques jours en brousse (dans le Tagant, petite précision faite juste pour vous narguer encore plus :b), je vous laisse en tête-à-tête avec ces quelques premières réponses, et je vous promets de ne pas oublier de répondre aux suivantes, dès mon retour le 10 avril prochain... en attendant bonne vacances à vous aussi, petits veinards, car je le sais, j'ai mes infos, vous aussi vous vous payez un peu de bon temps ; profitez-en bien !


26 mars 2007

Bonjour

Il y a-t-il baucoup de chômage en Mauritanie?

Laura (3ème B)

Question difficile (surtout pour un retour de brousse ; j'aurais peut-être mieux fait de répondre avant de partir !), il nous faudrait un spécialiste du domaine pour répondre précisément à la question. Voici quand même la vision que j'en ai : ici il y a très peu d'industries et de sociétés de services, les principaux emplois disponibles se trouvent donc sur les marchés, dans les boutiques, sur les chantiers et dans les maisons de la classe sociale Mauritanienne "d'en haut" (gardiens, jardiniers, femmes de ménage, cuisiniers, gardes d'enfants, ...). Quelques activités sont surpeuplées, telles que celles des porteurs de l'aéroport, des laveurs de voitures, des vendeurs de cartes de recharges pour téléphones portables, des changeurs au noir, des taximens plus ou moins officiels, des vendeurs ambulants en tous genres. Les chômeurs souffrant le plus sont apparemment les diplômés (on parle beaucoup en ce moment des "jeunes diplômés chômeurs"), qui ne trouvent pas de travail leur permettant de valoriser leurs diplômes supérieurs. L'Etat cherche régulièrement des moyens pour les aider (exemple : prêts exceptionnels pour la mise en route d'une activité), apparemment sans grand succès durable.

Mais tout cela est un peu flou pour moi ; ici chacun se débrouille pour avoir une activité minimale, souvent plusieurs, qui permettent de s'en sortir je ne sais comment, et il est souvent très difficile de connaître le revenu réel d'une personne, celle-ci étant obligée d'exercer plusieurs activités plus ou moins officielles pour s'en sortir.


26 mars 2007

questions de Jérôme :
- Que mange-t'on là-bas ?
- Y'a t'il des conflits entre les pauvres et les riches ?
  
questions de mickaël :
- Y'a t'il beaucoup d'émigration ?
- Combien d'habitants compte la plus grosse ville de Mauritamie ?
  
:D

Jérôme et Mickaël

J'ai déjà répondu à quelques unes de ces questions (nourriture, émigration, nombre d'habitants de Nouakchott). Concernant les conflits entre pauvres et riches, aussi incroyable que cela puisse paraître, et bien non, il n'y en a pas, ou alors ils sont invisibles pour mon oeil non averti d'occidentale. Mieux encore, les pauvres côtoient les riches très facilement, tout en profitant de tout ce qui peut bien leur tomber à portée de main (eau distribuée parfois gratuitement, nourriture délaissée, matériel d'occasion abandonné, travaux ponctuels plus ou moins rémunérés).

De mon point de vue, hors ces possibles petits profits que peuvent tirer les pauvres des riches, je ne vois que 2 autres explications à cet apparent statu quo :

- l'origine et l'accumulation des richesses ne sont jamais remises en cause, qu'elles soient légales (personnes ayant fait fortune grâce au commerce par exemple), ou non (détournement de fonds publics, d'aides internationales, affaires de corruptions) ; au-delà de l'acceptation des inégalités, qui fait partie de la culture mauritanienne (les castes et groupes tributaires existent encore bel et bien), cela s'explique, d'une part, par l'absence d'attachement à la notion de biens publics, et, d'autre part, par le fait que le profit tiré, quelle que soit son origine, est toujours bien vu par la société.

- il arrive souvent que riches et pauvres soient parents, parfois très proches, les uns admirant les autres pour avoir su tirer leur épingle du jeu, les autres aidant parfois les uns dans les coups durs (prêts, dons, mises en contacts, placements, ...).

Petite illustration vécue : il est tout à fait possible qu'une personne relativement pauvre, n'ayant pas accès à l'eau potable et à l'électricité, vous indique, avec une lueur d'admiration dans le regard, le nom d'un fonctionnaire (très mal payé, comme tous les fonctionnaires Mauritaniens il y a très peu de temps) comme propriétaire d'un palace hors catégorie. Oui, on est très loin ne serait-ce que d'un semblant de ressentiment...

... mais, comme je le disais dans ma dernière réponse, il est vrai qu'il est très rarement possible de déterminer l'importance et l'origine de la rémunération d'une personne ; les bas salaires forcent les multiples activités, officielles ou non, légales ou non. Ce fonctionnaire-propriétaire de palace, par exemple, a peut-être su monter une affaire hautement rémunératrice à côté de son travail d'Etat, qui sait...

... La naïveté est parfois un bon remède contre la révolte, même si elle ne la guérit ni complètement ni définitivement. Pour ma part elle m'a aidée à accepter l'inacceptable (des êtres humains se baignent dans des piscines d'eau fraîche pendant que d'autres êtres humains, souvent jeunes puisque les parents sont au travail, attendent 2 heures pour remplir leur bidon de 20 litres sous un soleil de plomb et dans la poussière noire brassée par les voitures), le temps de comprendre "un peu" comment tout cela était possible. Cela dit ça me fait toujours très "bizarre" (appréciez l'euphémisme SVP) de croiser des gamins traînant ces foutus bidons à la sortie de ma douche au petit matin (sensiblerie, diront les habitués ; peut-être, mais vraiment je n'y peux rien). Ce qui ne m'empêche pas de la prendre, cette bonne douche bien fraîche (du moins quand l'eau arrive dans la cuve et que le surpresseur qui la monte dans les robinets fonctionne).

L'être humain s'adapte vraiment à tout. Ce qui n'est pas une raison pour que ce "tout"-là persiste, ou pire même, empire (si si, je pense que c'est largement possible ; voyez par exemple nos banlieues ou le traitement réservé à nos vieux et à nos fous). Pourvu que "tout" cela bouge dans le bon sens, même lentement...

A noter quand même que ce que je viens d'écrire concernant l'acceptation des inégalités est aujourd'hui, depuis ce 25 mars 2007 (date de l'élection du premier Président Mauritanien élu démocratiquement depuis... un certain temps), largement contrebalancée par un immense espoir ; la grande majorité de la population attend désormais un changement. Souhaitons que le Gouvernement actuellement en cours de constitution (prise de fonction effective prévue ce 19 avril 2007) ne la déçoive pas. Après tout, comme on l'entend si souvent ici (laissons un peu la naïveté tranquille et espérons vraiment), "tout est possible".


27 mars 2007

bonjour !!!

voilà j'ai quelque questions :
 
- Connaissez-vous des gens qui ont émigré ?
- Où l'urbanisation est-elle importante ?

Merci

Clément Chabin (3èm A)

Non, je ne connais pas de gens ayant émigré, mais par contre je connais au moins une famille Béninoise dont le père avait pour projet d'émigrer en Europe et qui est finalement resté en Mauritanie après avoir trouvé un travail convenable. Cela doit faire un moment déjà ; les parents se sont mariés ici, ils ont plusieurs enfants dont 2 ont étudié et travaillent maintenant en France. J'imagine qu'ils ne sont pas les seuls dans ce cas, ce qui fait de la Mauritanie un pays d'une richesse humaine et culturelle potentiellement infinie... si le pays veut bien accepter et intégrer ces immigrés, qui vivent et travaillent ici pour certains depuis si longtemps. Mais cette intégration suppose tellement de problèmes... La Mauritanie ne peut pas accueillir tous les immigrés en partance pour l'Europe, alors que faire ?

... ça me rappelle vaguement quelque chose... oui, ici aussi les problèmes d'immigration se posent. Sauf qu'à ceux-là s'ajoutent ceux de l'émigration. Emigration qui concerne surtout, comme dit plus haut, les personnes ayant, si ce n'est un diplôme d'enseignement supérieur, tout au moins des compétences qui trouvent à s'exercer avec des salaires et des conditions plus attrayantes à l'étranger. Avec le changement de régime, l'instauration d'une démocratie et d'un Etat de droit, certains de ces expatriés reviennent, mais ce problème de fuite des compétences -et parfois des capitaux qui vont avec-, reste un réel problème (au passage, petite pensée amère pour M.Sarkozy et son "immigration choisie" qui ne peut que tendre à l'augmenter, ce problème), même si il est vrai que ces expatriés ramènent une partie de leur salaire au pays d'origine (l'argent seul, sans les compétences et les ressources humaines, ne construira jamais un pays).

J'arrête là pour l'émigration ; de même que pour le chômage, ce sujet demande des précisions et une expertise que je ne possède pas. Avant de dire de bonnes grosses bêtises, je passe donc à la deuxième question...

L'urbanisation... Encore un sujet complexe ; quel retour de brousse !!! Je vous préviens donc aussi tout de suite que je ne maîtrise pas non plus du tout ce sujet, et que je vais donc m'en tenir à ce que je vois ici sur place. Nouakchott (capitale administrative) et Nouadhibou (capitale économique), sont, bien entendu et en premier lieu sujètes à urbanisation. Plus généralement toutes les villes de Mauritanie ont tendance à grossir (exceptée peut-être Zouerate, dont la population dépend directement des nécessités des mines de fer et dont les populations rurales allentours sont, il me semble, plutôt restreintes), en particulier celles qui sont situées proches des routes goudronnées ou des projets de routes goudronnées. Avec la sédentarisation progressive des nomades on voit même naître des villages le long du goudron, par exemple sur la route de l'espoir entre Nouakchott et Kiffa, ou encore entre N'Beika et Tidjikja, dans le Tagant. Les routes sont en effet le seul moyen pour ces populations qui se sédentarisent de trouver un revenu (vente de lait principalement, mais aussi boutiques communautaires, ateliers de tissages, etc ...), des écoles, des soins, et même des puits nouvellement creusés grâce aux sondages faits par les ONG ou le Gouvernement.

Revenant "fraîchement" du Tagant et ayant rencontré ses populations, j'en profite pour dire qu'il existe encore des familles 100% nomades, qui ne voudront tendre qu'à se sédentariser au bord du goudron si aucune action n'est pas très bientôt menée en leur faveur (écoles et centres de soins eux aussi "nomades", pourquoi pas, d'autant plus qu'il me semble que des tentatives ont déjà été faites, qui pour certaines ne datent pas d'hier ; on ne partirait donc pas d'une expérience nulle).  Mais peut-être serait-ce bien, que ces familles se sédentarisent... tout mon être me dit que non, que ce serait une perte énorme, tant pour la culture mauritanienne, dont une partie est encore très attachée à ce mode de vie, à ces origines nomades, que pour ces familles elles-mêmes, dont une partie, j'en ai bien peur, aurait bien plus à perdre qu'à gagner en réalisant ce pas... Mais peut-être aussi que ces sacrés Mauritaniens vont une fois de plus épater tout le monde et inventer un nouveau mode de vie, "à cheval" entre la sédentarité et le nomadisme... et, à bien y regarder, en fait, et pas si loin que ça à la sortie de Nouakchott et tout au long de la route de l'espoir, n'est-ce pas déjà un peu le cas ? A voir, à suivre, à creuser...

... tout cela est tellement complexe ; le mode de vie nomade, par exemple, s'appuie entre autre encore beaucoup sur le système des castes et des fractions tributaires, largement contestables de mon point de vue d'Occidentale, et largement contesté du point de vue des Mauritaniens, ou plutôt des Nouakchottois - en brousse, par contre, dans le désert comme dans la vallée du fleuve, tout cela est bel et bien vivant. Eh bien voilà, un chantier de plus pour notre nouveau Gouvernement Mauritanien en cours de constitution : inventer le nomadisme moderne, minimaliste et vivant... Pour ma part j'y crois assez ; je le sais bien, moi, qu'ici "tout est possible".

Du côté de la vallée du fleuve et de ses populations rurales je ne peux malheureusement pas encore vous en dire grand chose, les connaissant très peu ; comme les populations nomades plus au nord, beaucoup des membres des familles se sont depuis longtemps installés en ville, pour étudier ou travailler, et restent profondément attachés à la famille broussarde, à laquelle ils envoient régulièrement de l'argent et à qui ils rendent le plus souvent possible visite. L'hivernage par exemple est pour cette raison une saison particulièrement appréciée, pendant laquelle les villes se vident au profit des villages. J'ignore si ces campagnes de la vallée continuent à se vider au profit des villes, j'imagine que oui, et que c'est même très sûrement l'une des raisons pour lesquelles une nouvelle route goudronnée se construit en ce moment au sud, histoire de désenclaver la région et de retarder le processus... je vous en dis plus dès que possible.


27 mars 2007

Elodie : Comment avez-vous eu l'idée d'aller là-bas ?

             Avez-vous regretté votre choix ?

Chloé : Qu'est-ce-que cela vous a apporté ?

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bonsoir Sandrine !

ma question--> Qu'est-ce qui vous a poussé à aller en humanitaire ?

merci d'avance pour votre réponse

bonne soirée !

Marie-Laure (3ème)

Oulala, dangereuse, cette première question ; étant très très longue à prendre mes décisions, je vous préviens que vous allez avoir droit à un roman... Je vais tenter de faire court...

D'abord un bout de réponse classique : comme beaucoup de gens, j'ai toujours eu très envie de partir, de connaître au moins un autre pays que la France. Puis j'ai eu l'occasion de partir en vacances en Tunisie en 2003, pays duquel je suis revenue bien trop frustrée pour ne pas vouloir faire plus et partir un peu plus longtemps qu'une dizaine de jours dans un pays étranger, peu importe lequel tant que je ne reste pas, la prochaine fois, à ce point d'incompréhension de la culture visitée (avouez qu'en 10 jours on n'a guère que le temps d'entrevoir les richesses culturelles et humaines approchées).

A cette époque donc, rien de plus qu'une envie de découvrir, approfondie par un voyage touristique génial mais frustrant... Puis, courant 2004, des évènements importants dans ma vie personnelle bousculant tout, une remise en cause générale atteint tous mes choix faits jusqu'à ce moment, tant professionnels que personnels. A ce moment-là je suis bien décidée à laisser tomber l'informatique et les sociétés privées, malgré mon engagement avancé dans chacun de ces 2 domaines (bac+4 en route, 2 ans d'alternance plus que bien entourée -un coucou en passant à mes amis STiens- dans une multinationale), et à m'engager illico dans l'humanitaire, mot alors sans plus de consonnances pour moi que celles d'un certain idéal moral.

Voilà donc que, dès la fin de l'année 2004, je me tourne vers le secteur associatif centré sur l'humain, immense, hétéroclite, plein de bonnes surprises (petite pensée pour mes amis rencontrés à ces occasions -Croix-Rouge de Grenoble, VAP, Béryl et les autres, FRAPNA-), et, aussi, quelques fois et inévitablement, très décevant (les c... envahissent vraiment tous les secteurs, sans parler des gens qui sont là pour de mauvaises raisons -genre le pouvoir ou tout simplement la frime dans le cas des grosses associations-, ou encore ceux qui ont malheureusement oublié le pourquoi de leur engagement initial). Toujours est-il que peu à peu la notion d'humanitaire se précise, les possibilités et impossibilités se font jour dans mon esprit et que, très vite, la nécessité d'une réflexion un peu plus poussée s'impose.

Parallèlement à cette "infiltration", pour le moment bénévole, du secteur associatif, je fais les démarches pour partir auprès de plusieurs associations, dont la DCC (voir la page consacrée à cette étape pour plus de détails).

Longues réflexions, identification de mes centres d'intérêts, points sur mes compétences et mes motivations (faits en collaboration avec un groupe partenaire de l'ANPE dont le nom m'échappe ; un grand merci au passage à Mme Claude Reverdy qui a su mettre en oeuvre les outils nécessaires pour me guider dans mes réflexions), je me décide très rapidement à intégrer professionnellement le secteur associatif (donc par la petite porte informatique -encore un coucou, à mes amis HIiens cette fois-) et à consolider les démarches déjà engagées pour partir.

Enfin, la bonne nouvelle arrive courant 2005, un poste m'est proposé par la DCC en Mauritanie, que j'accepte, pour tout un tas de bonnes raisons, dont je ne citerai que les principales : adéquation du poste et de mes compétences (si ce n'est de mes expériences ; je n'avais eu jusqu'alors que des postes de développeuse logiciel), intérêt du poste (prise en main d'un service informatique et, surtout, passation à un informaticien local), richesses culturelles et humaines du pays.

Ai-je regretté ces choix ? Par moments oui, j'en ai regretté certains (pour plus de précisions voir mes différents hauts et bas éparpillés un peu partout dans les pages de ce site), que je ne regrette maintenant plus du tout, excepté un qui me taraude encore et toujours l'esprit, et parfois le moral, parce qu'il est au coeur de la raison de ma présence ici : je n'aurais pas du accepter ce poste, mal déterminé, demandé pour de mauvaises raisons, et dans lequel je n'avais aucune expérience. Je pense sincèrement que, quels que soient les apports dont mon collègue me gratifie, ce poste aurait du pouvoir lui être confié dès le départ, sans mon intervention. J'ai mis un moment à m'en rendre compte, à trouver le pourquoi de ce poste et à me dépêtrer de ce problème en repositionnant mon poste en un vrai poste de volontaire, en appui organisationnel et technique. Et même cet appui, je me demande vraiment si il justifie un poste de volontaire ; la hiérarchie devrait à mon avis pouvoir gérer le côté organisationnel, quant aux côtés techniques, les compétences informatiques existent bel et bien dans ce pays, quoi que l'on entende par-ci par-là. Mais les décisions ont été prises en 2005 des 2 côtés, Caritas Mauritanie et moi, pour de bonnes ou de mauvaises raisons peu importe, elles nous ont conduits à la situation présente et il va maintenant falloir faire avec et au mieux pour toutes les parties... De mon côté j'ai choisi, depuis un moment déjà, d'engager le serveur informatique (ainsi que mon collègue désormais responsable informatique) sur la voie des logiciels libres. Apparemment peu d'informaticiens Mauritaniens maîtrisent ce domaine, ça compense un peu le doute quant à la nécessité de mon poste (on se rassure comme on peut). Autre chantier, le site internet de Caritas Mauritanie : de même que pour le serveur je vais tenter de mettre en place un outil que peu de webmasters locaux auraient cherché à installer et qui apportera un plus à l'association. Oui, on se rassure comme on peut, et on compense les remises en cause et les frustrations avec ce qu'on a...

Les apports de cette expérience sont monstrueux, en quantité et en qualité :
- connaissance (voire expériences sensibles en conditions réelles) d'autres modes de vie, d'autres façons de voir les choses
- prise de conscience de certaines caratéristiques culturelles et sociales françaises
- nouvelles amitiés
- connaissance personnelle (j'ai vraiment un foutu caractère), et, je l'espère, amélioration de certains défauts (passons sous silence SVP ceux qui se seront révélés ou auront empiré :)...)
- compétences professionnelles (l'informatique côté matériel et réseau, gestion d'un parc, relations fournisseurs)
- rapprochement avec des amis Français ainsi que des membres de ma famille
-... et, bien sûr, rencontre internet d'une certaine Agathe et de ses classes de 3ème...

Je pense que c'est tout pour ces questions... au pire j'en rajouterai la prochaine fois... non non, je plaisante, revenez, mais revenez j'vous dis !!!


27 mars 2007

Connaissez-vous des Mauritaniens qui ont été rapatriés de force?

Est-ce que votre salaire vous permet de vivre décemment?

Les pauvres sont-ils regroupés dans des "ghettos" ?


Un élève de 3ème A

Pour ceux ayant lu mes réponses précédentes vous vous doutez de la réponse à la première question, pour les autres, d'abord veuillez lire ces dites-réponses (si si, toutes...), ensuite je vous livre la réponse qui est évidemment négative, enfin je précise (pour ceux ayant lu mais s'étant endormis en route) que peu de Mauritaniens choisissent les voies illégales pour entrer en Europe... pour les explications d'un tel état de fait voyez un expert, parce que vraiment ça m'échappe. Si je me souviens bien j'ai quand même entendu parler de quelques Mauritaniens raccompagnés à la frontière marocaine ou algérienne, c'est-à-dire en plein désert, et qui s'en seraient tirés. De même certains tentent l'aventure océanique, mais ils sont apparemment très peu nombreux. A tout cela moi je dis mach'Allah, mille fois tant mieux...

Côté salaire et vie décente, je vous renvoie également aux réponses précédentes. Non mais. (vous inquiétez pas, je crois que je suis un peu énervée aujourd'hui... la chaleur qui recommence sans doute... et puis il faut bien que j'illustre un peu ce fichu caractère, hein).

"Ghettos", carrément ? Comme vous y allez...  vous allez dire que je chipotte (ça m'arrive d'ailleurs souvent quand je suis énervée, désolée :)...), mais de mon point de vue le mot est assez inapproprié ; ici les pauvres sont une écrasante majorité (il serait donc difficile de ne pas avoir des quartiers entiers habités par ces pauvres), de plus ils ne sont pas forcés de se regrouper dans les quartiers pauvres (pour preuve les kebbes -groupes d'habitations instables et insalubres- présents en plein quartiers riches), enfin oui, les quartiers pauvres sont en mauvais état, mais ils sont loin d'être les seuls (l'air salin océanique et la faible qualité des matériaux utilisés altèrent presqu'autant les constructions des pauvres que celles des riches, la seule différence étant que ces derniers ont les moyens de refaire régulièrement des travaux, qu'ils n'entreprennent d'ailleurs pas toujours).


27 mars 2007

Salut Sandrine !!

Nous voulions te poser deux questions:

- L'idée de tout quitter ne te faisait pas peur ?? (Charlotte)
- La différence de climat t'a t-elle dérangée à ton arrivée ?  (Margaux)

Merci d'avance

Salut les filles !

Non, l'idée de tout quitter ne me faisait pas peur, d'une part parce qu'à cette période je n'attendais que ça (non pas directement tout quitter, mais intégrer une société culturellement différente), ensuite parce que je savais bien qu'en fait je ne quittais pas grand chose : professionnellement je partais pour tenter une nouvelle expérience, et, personnellement, je ne laissais physiquement derrière moi "que" mes amis et ma famille, autrement dit pas de conjoint, uniquement des gens qui peuvent, au pire pour ceux n'aimant pas les mails ou n'y ayant pas accès, raisonnablement attendre mon retour sans trop m'oublier. Amis et famille qui pour certains se sont d'ailleurs plutôt rapprochés de moi grâce à cet éloignement (ou peut-être, et c'est même presque certain, est-ce moi qui me suis rapprochée d'eux ; voir mes SOS, toujours éparpillés dans ces pages...). Quant à la question matérielle, étant jeune et fauchée je n'ai aucun problème de ce côté-là non plus (non non je n'ai pas de maison de campagne à entretenir et qui attend patiemment mon retour... petite pensée  pour mes amis et ma famille qui devront pallier à ce "problème" et supporter quelques temps mon sale caractère à partir de septembre prochain).

Question climat je vous avoue qua ça fait une drôle d'impression de pénétrer dans 45° (température indicative à l'ombre bien sûr) à la descente de l'avion... mais c'est tellement "énorme" que passée la surprise de la première bouffée de chaleur, on s'habitue très vite à transpirer sans cesse. A l'inverse de la France, où je souffrais beaucoup l'été, cette chaleur est supportable, peut-être parce que moins humide, et aussi surtout parce que les nuits de Nouakchott sont plutôt douces, grâce à l'océan tout proche. Ceci-dit je précise que cette chaleur est supportable à l'ombre, personne ne songeant à s'exposer trop longtemps en plein soleil et sans protection entre midi et 15h pendant la saison chaude. Par contre, ce à quoi on ne s'habitue pas (les Mauritaniens non plus d'ailleurs), ce sont les changements brusques de températures. Il n'est pas rare de voir les gens traînant des pulls, des bonnets voire des doudounes en pleine chaleur, soit parce qu'ils ont été nécessaires le matin-même, soit parce qu'ils le seront le soir venu. Quant aux infections respiratoires dûes à ces changements climatiques et à la poussière sableuse, je pense qu'aucun anticorps, le plus costaud soit-il, ne peut continuellement les repousser. Pour ma part j'apprécie ce "sale temps" Nouakchottois ; il me rappelle assez, par moments, notre "doux" climat français (ah ! ces beaux nuages gris chargés de pluie et accompagnés d'un petit vent frais...).


27 mars 2007

Votre famille vous manque-t-elle ?

Adrien (3ème A)

Non, pas du tout. Je plaisante, bien sûr ; oui, elle me manque, beaucoup. Mes amis aussi me manquent, ainsi que "mes" montagnes. Au début, l'éloignement des gens aimés est très difficile ; tous ces gens font partie de vous, s'en détacher fait donc forcément mal, moralement voire même physiquement, pour peu que vous soyez un tant soit peu sensible. Sans parler de l'angoisse si particulière à la solitude inhabituellement créée par cet éloignement soudain. Et contre ça, il n'y a rien à faire d'autre qu'à attendre d'avoir pu recréer son environnement social, qui ne remplacera jamais le premier, mais qui comblera le vide créé, pas mieux ni moins bien, juste différemment. Cette question du manque de l'entourage proche est intéressante parce que, comme pour la question de l'intégration culturelle, il n'y a pas de remède miracle ; quoi que l'on fasse on ne peut pas savoir comment on vivra ces difficultés, il faut être en situation pour se rendre compte de l'impact de ces mots, voir concrêtement comment on se révèlera, avec nos qualités et nos défauts plus ou moins difficiles à vivre dans la société intégrée, avec notre sensibilité plus ou moins aiguisée, notre caractère plus ou moins mauvais (le mien m'a sans doute un peu trop bien "aidée", dans les moments difficiles, notamment à faire du ménage quand je devenais trop vulnérable), et aussi selon l'état d'esprit dans lequel on sera à ce moment-là (mieux vaut l'avoir ouvert tout bien comme il faut, prêt à tout, surtout à l'impensable, et très peu susceptible ; pour aider une petite recette presque miracle, l'auto-dérision, vraiment c'est trop fort ce truc, d'ailleurs ça y est j'suis vraiment accro...).

... mais que ça ne vous décourage pas si vous envisagez un jour de partir : ces difficultés sont surtout intéressantes, en dehors de ce qu'elles révèlent de notre personnalité, pour les ressources qu'elles obligent à mobiliser ou à développer. Par exemple, même si vous êtes particulièrement lents et sensibles (mais de qui parle-t-elle...), vous pourrez toujours développer votre calme et votre patience, et cela quelque soit votre fichu caractère ! (...ah, ça y est, je crois avoir trouvé...). Mes chers amis, ma famille, vous me manquez toujours (les mails et le téléphone, vraiment ce n'est rien), je ne vous ai pas remplacé (c'est de toute façon impossible, regardez-vous ;)...) mais j'ai appris à attendre nos retrouvailles (préparez-vous à retrouver un monstre de calme et de patience... ok ok j'exagère un peu...).


27 mars 2007

Quel est le but de cette démarche ?

Emilien

... je pense avoir déjà répondu, mais peut-être pas complètement ; le but premier, rationnel et parfaitement conscient était de changer de travail, de tenter une nouvelle expérience professionnelle (l'informatique côté matériel, la gestion d'un parc), d'intégrer un nouveau secteur (les ONG), avec tout ce que ça comportait d'enrichissement personnel et culturel. A ce but parfaitement évident on pourrait en rajouter un autre, un peu plus caché (mais finalement si peu) : partir. J'ai comme l'impression d'avoir bel et bien comme un certain besoin de m'éloigner sans cesse de tout. Peur de l'engagement ? Besoin d'une illusion de liberté ? Et ben non, raté pour les apprenti-psys, ça ne va pas si loin ; j'ai juste besoin de bouger, de brasser, de découvrir, de me frotter aux difficultés culturelles, de me retrouver dans des situations où seules l'auto-dérision et la patience pourront m'aider, où mon adoration pour les remises en cause/prises de recul/analyses/rectifications pourra trouver à qui (ou plutôt à quoi) parler, de me ramasser, de me relever, de m'accrocher, d'avoir du vide partout, à côté, dessus, dessous, c'est comme ça que je vois la vie, c'est dans mon sale caractère, rien de plus. Et puis aussi, accessoirement, ce besoin d'éloignement va très bien avec mon insupportable curiosité pour cet insupportable être humain, curiosité qui profite du temps séparant 2 besoins d'éloignement pour se dégourdir les pattes et engloutir quelques infos supplémentaires.

... voilà, je crois que vous savez tout... j'espère que c'était bien le sens de la question :)...


27 mars 2007

Quel régime politique exerce son pouvoir dans le pays ?
Jean-Louis (3ème A)

Y-a-t'il des supermarchés ?
Freddy (3ème A)

Concernant la première question je vais tenter de répondre largement et en détails.

La Mauritanie est une république : sa souveraineté (pouvoirs législatif et exécutif) est détenue par le peuple qui élit ses représentants.

Cette république est islamique : sa constitution proclame l'attachement de ses institutions à l'Islam et au Coran, déclare que l'Islam est la religion du peuple et de l'Etat (article 2) et que le Président de la République doit être, entre autre, musulman (article 23). Elle définit aussi le rôle du Haut Conseil Islamique (article 94), qui, en bref, est chargé de donner son avis sur les questions soulevées par le Président de la République.

C'est une république désormais démocratique : elle dispose d'une constitution (révisée et votée par référendum en juin 2006 dans le but essentiel de mettre un terme aux abus d'appropriation illimitée du pouvoir -c'est une des bonnes oeuvres de notre ex-Président-démocrate-putschiste Ely Ould Mohamed Vall-) permettant d'assurer une liberté totale de vote à une grande partie de la population et définissant des institutions assurant un fonctionnement démocratique (Conseil Constitutionnel, Parlement constitué d'une Assemblée Nationale et d'un Sénat, Gouvernement, Conseil Supérieur de la Magistrature, Conseil Economique et Social, Haut Conseil Islamique, Conseils et Comités Supérieurs de la Défense Nationale, Administration).

Cette république a un régime parlementaire (enfin, je réponds à votre question !) : la constitution, qui définit aussi les intéractions entre les différentes institutions citées ci-avant, implique une dépendance relative de ces institutions les unes par rapport aux autres (donc une dépendance relative des pouvoirs les uns vis-à-vis des autres), et notamment proclame le Gouvernement responsable devant le Parlement et vice-versa. Autrement dit le Parlement (qui détient le pouvoir législatif, donc qui est chargé de voter les lois) a la possibilité de "démissioner" le Gouvernement (qui détient le pouvoir exécutif, donc qui est chargé de faire exécuter les lois), et ce dernier peut dissoudre l'Assemblée Nationale. Ce régime parlementaire est sensé permettre à la fois d'équilibrer les pouvoirs législatifs et exécutifs et d'éviter les situations de blocage.

Tout cela étant théorique, bien beau (voire passionnant ; merci de m'avoir fait découvrir ce côté de la politique par vos questions) sur le papier, mais à confronter expressément avec la réalité -très humaine donc forcément inattendue-, et pas seulement en observant les bureaux de vote au moment des élections, n'est-ce pas chers observateurs internationaux de tous bords qui semblez mettre bien vite de côté les caractéristiques culturelles des pays observés...

Après m'être plongée dans la Constitution Mauritanienne, la question de l'indépendance du pouvoir judiciaire m'interpelle ; dans un régime parlementaire l'indépendance des pouvoirs est certes dit "souple", mais là tout de même... L'indépendance de la Magistrature doit être garantie, selon cette constitution, par le Président de la République, assisté pour cela du Conseil Supérieur de la Magistrature, qu'il préside. Ajoutez à cela que la composition, le fonctionnement et les attributions de ce Conseil sont fixés par une loi dite "organique" donc proposée par l'Assemblée Nationale, le Sénat ou le Gouvernement, votée par le Parlement et approuvée par le Conseil Constitutionnel, dont les membres sont nommés par le Gouvernement et le Parlement. Reste donc plus qu'à faire confiance à cette loi organique (que je n'ai pas trouvé, et qui, d'ailleurs, devrait bientôt sûrement changer - notre super nouveau Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été investi hier jeudi 19 avril 2007 ; youpi !-). La Constitution Française (puisqu'il faut bien un sujet de comparaison) n'est pas forcément mieux lotie dans ce domaine, elle se charge simplement de fixer, en plus de la responsabilité des garants de cette indépendance (qui est aussi le Président de la République, secondé du Ministre de la Justice), l'organisation du Haut Conseil de la Magistrature, ainsi que sa composition. Rien qui ne garantisse vraiment son indépendance, c'est vrai, mais il me semble que ça laisse quand même moins de possibilité de pression du Gouvernement ou du Parlement en place à un moment donné sur cette Magistrature (contrairement à la Constitution, ces derniers ont toute liberté, et c'est même leur rôle, de changer et de faire appliquer les lois, même celles dites "organiques", qui n'ont d'autre obligation, il me semble, que d'être conformes, ou plutôt de ne pas être contraires, à la Constitution).

... j'espère n'avoir pas été trop indigeste... Ces questions sont réellement passionnantes (oui oui je radote, c'est l'enthousiasme que voulez-vous), merci de m'avoir obligée à m'y plonger (si si, vraiment, merci pour la précision de la question ; j'ai vraiment pas eu le choix) ; n'hésitez pas à vous plonger vous aussi dans le fonctionnement des Etats, en commençant par leur Constitution, c'est vraiment plein d'infos super intéressantes voir indispensables... même si c'est un peu rude au début ; j'espère que votre éducation civique est un peu plus approfondie que la mienne, parce que vraiment je peux vous dire que de mon côté il y a encore un sacré boulot à abattre de ce côté-là. D'ailleurs et pour tout vous avouer (honte sur moi et mon inattention pendant les cours d'éducation civique, dont je ne me souviens qu'à peine de l'existence), maintenant je connais plus le régime politique mauritanien que celui de mon propre pays ; c'est malin :). Pour combler ça je vais me lancer dans une études comparative des deux Constitutions, tiens (ça tombe bien j'avais rien à faire ce week-end, en plus étant toujours jeune et fauchée je suis condamnée à me cloîtrer loin de toute tentation ou sollicitation...).

Sinon, concernant les supermarchés, je crois avoir répondu rapidement plus haut ; oui, il y en a quelques uns, dont le plus vieux aurait tout au plus une dizaine d'années (à confirmer). Ces supermarchés, comme de nombreux (la majorité ?) gros commerces ici, appartiennent, pour beaucoup, à des Libanais. Les clients sont majoritairement étrangers (d'ailleurs c'est sympa d'y aller rien que pour voir ce que consomment les autres expatriés). La culture mauritanienne semble pour le moment assez épargnée par la conception occidentale de la consommation. Résistance culturelle ou insuffisance du pouvoir d'achat ? L'avenir nous le dira, puisque ce pouvoir d'achat devrait bientôt décoller (encore un petit signe amicalement plein d'espoir en direction de M.Sidi Ould Cheikh Abdallahi -que je vais bien finir par faire comme tout le monde et appeler SidiOCA, vous voilà prévenus-).


... et voilà...

... c'étaient les dernières questions auxquelles je n'avais pas encore répondu... c'est donc avec un peu de tristesse que je referme cette page, en vous remerciant encore une fois toutes et tous pour l'intérêt et la curiosité que vous avez manifesté pour la Mauritanie et le volontariat, en espérant que cette expérience vous aura été autant profitable qu'à moi (je ne vous fais pas un dessin, je crois que c'est inutile ; vous aurez su voir je l'espère mes remerciements, ainsi que leurs raisons, disséminés un peu partout...).

Je remercie aussi Agathe, intermédiaire aussi invisible qu'efficace (ce serait d'ailleurs sympa que cette invisibilité trouve à s'estomper, pourquoi pas par un petit message que je promets de retransmettre fidèlement sur cette même page) pour avoir su concrêtiser l'idée de Julien, ainsi que ce dernier pour ces efforts malheureusement avortés pour réaliser une séance de chat (j'espère que cette adaptation de l'idée ne l'aura pas trop contrarié...).