Nouakchott

Tevragh Zeina - Ilôt K

Ilôt K 071

Je vous présente l'Ilôt K, le quartier dans lequel je traîne fréquemment mes sandales. J'habite au niveau des arbres de la piste (ici on ne dit pas 'rue', allez savoir pourquoi...) que vous voyez sur la première photo. Petit appartement joliment appelé 'maison des volontaires' ou 'case de passage', qui sert à héberger les volontaires ou assimilés qui ont la bonne idée de venir passer un peu de leur temps à Caritas.

Place de l'école "Petit Centre"

La deuxième photo est prise de cette piste et offre une vue imprenable sur la place du Petit centre, une des nombreuses écoles privées francophones de Nouakchott. Le système scolaire publique laisse encore beaucoup à désirer, ce qui fait le succès de ces écoles privées. Un reproche fait à ce système est notamment sa division en scolarisation arabophone et francophone. Le résultat est qu'aujourd'hui la population se retrouve divisée en 2, dont une partie écrit et parle parfaitement l'arabe et l'autre le français, sans que, dans chaque "filière" la langue qui n'est pas celle d'enseignement soit étudiée, ou très peu. Résultat : les personnes ayant étudié en français le parlent et l'écrivent bien, parlent le hassanya couramment (dialecte arabe mauritanien),  comprennent l'arabe classique (le hassanya en est très proche) mais n'écrivent et ne lisent pas l'arabe. Les personnes ayant étudié en arabe le comprennent et le lisent bien mais ne lisent pas et ne parlent pas français, à moins d'avoir l'occasion de s'y former personnellement ou de travailler en environnement francophone. Quand ces personnes ont la possibilité de se former à une autre langue, ils choisissent  pour beaucoup l'anglais. L'enseignement arabophone est privilégié dans la couche populaire, par le biais des écoles coraniques. Personnellement j'ai eu souvent à regretter de ne pas avoir encore pris le temps et eu le gourage de me mettre au hassanya lors de mes visites chez des amis habitants les quartiers pauvres, ou lors de mon voyage en empruntant les transports mauritaniens. Dans la vie quotidienne, les petites boutiques sont elles aussi souvent tenues par des arabophones, et les femmes parlent très souvent peu le français. Ce qui devrait me motiver pour l'apprendre, ce sacré dialecte !!! J'y pense, j'y pense...

Route du lycée français

La route du lycée français (qui accueille en réalité tous les enfants de nationalité française jusqu'à la terminale) est visible sur la troisième photo.

Comme vous pouvez le constater, Nouakchott est faite de nombreuses pistes et de quelques grands axes goudronnés sans trottoirs. La ville est relativement verte, avec quelques endroits un peu plus riches en arbres mais peu fréquentés car pas du tout conçus pour être des espaces publics (terrain de l'ambassade de France, bien barricadé, parc du cinquième, où des cultures de légumes et salades côtoient malheureusement les ordures, qui, envahissant la ville, ne se gênent pas non plus pour déborder sur cet espace vert).

Petit tour au cinquième

Puits du 5èmeLe cinquième est l'un des quartiers les plus pauvres de Nouakchott ; comme pour une majorité de Nouakchottois les habitants doivent se ravitailler en eau, soit grâce à un ravitaillement par fûts sur des charettes tirées par des ânes, soit en se rendant aux puits disséminés dans les quartiers (photo ci-après : le puits est la construction dépassant la taille des maisons alentours, à côté la file d'attente des habitants du quartiers, aux environs de 9 heure le matin pour remplir leurs bidons).

Ce quartier abrite l'un des marchés les plus importants et les plus populaires de la capitale, où tout peut être trouvé, neuf et occasion ; poisson, tissus, légumes, chaussures, épices, vêtements, portails, tapis, pipes et tabatières artisanales, mousses à salon (les canapés locaux), médicaments traditionnels, viande, ustensiles de cuisine, ...

Ce qu'on appelle communément "les jardins de Nouakchott", un espace vert bourré de palmiers en plein centre-ville, se situe également dans ce quartier. Une partie est apparemment vivement déconseillée aux honnêtes gens sans défense (d'ailleurs elle n'est pas très agréable à parcourir, avec ces palmiers déracinés et ces sentiers défoncés ; un vrai décors de fin du monde), une autre sert à des cultures potagères ; tomates, salades, les Mauritaniens y récoltent même les dattes à l'époque de la guetna.

Toujounine, la brousse à la ville

Toujounine, sur la route de l'espoir (axe Nouakchott - Néma), cache, derrière ses boutiques, restos et autres stations essence tous plus ou moins intéressés par les voyageurs en partance, comme une atmosphère de brousse. Quand vous vous aventurez à l'arrière, c'est d'abord l'odeur de menthe qui trahit l'esprit des habitants. Puis vient rapidement la découverte des cultures, impressionnantes, parsemées de puits à l'ancienne, qui doivent alimenter toute la capitale en menthe fraîche, cet ingrédient indispensable au thé mauritanien. Au milieu, quelques jardins de légumes trouvent aussi leur place. Entre eux des sentiers à l'allure broussarde, bordés de buissons épineux, cheminent joyeusement.

Le désert n'est pas loin, juste derrière, il envahit l'air de rien les quelques constructions qui ont voulu s'édifier si près de lui. Les magnifiques dunes orangées ajoutent la touche qu'il fallait pour parfaire l'ambiance de brousse du quartier. Sans oublier la ceinture verte, cette plantation d'arbustes, belle tentative (apparemment réussie) pour arrêter l'envahissant désert ; oiseaux, phacos, petites gazelles, chameaux, et même Nouakchottois (et amis de Nouakchottois) en manque de brousse, s'y réfugient.

Commentaires laissés sur un blog mauritanien intéressant

... ces textes sont si beaux que je me suis permise de les ajouter ici ; si les auteurs de ces lignes m'en veulent pour une raison ou pour une autre, mon mail (sanddv@teria.org) est là pour me le faire savoir... si ils veulent approuver et m'autoriser officiellement ce plagia revendiqué, c'est aussi possible :)...


Merci de nous faire revenir sur terre et surtout sur notre terre, la Mauritanie. Tous ces coins de Nouakchott, j'y ai vecu.

J'ai terminé par "le quartier le plus pauvre" de Nouakchott, le cinquième, que je connais comme ma poche, c'est là sous la lampe à pétrole, que j'ai préparé le bac quand d'autres sous la clim et l'halogène refaisaient les corrigés que nous ne pouvions acheter...

Ce fut les plus beaux jours de ma jeunesse nouakchottoise après bien des années notamment ksaroises puis à l'intérieur du pays.

Le cinquième était, et pour information pour ceux qui vivaient ailleurs, en fait le plus riche des quartiers de Nouakchott en relations humaines sans qu'on connaisse l'éthnie, la tribu de l'autre. C'est ainsi qu'à l'âge de 16 ans que j'ai su le nom de ma tribu par exemple, par hasard...

C'est un nouakchottois qui vous le dit, qui a vécu au Ksar, à la Médina 3, aux blocs (le 3ème plus précisément), au quartier dit des cochons (qui sait maintenant?), à Toujounine quand ce n'était qu'un petit bourg de la banlieue lointaine de Nouakchott.

Dans mes souvenirs, les routes goudronnées, c'était déjà les sorties de la ville, presque un monde étranger...

C'était des souvenirs d'enfance.

J'en ai parlé une fois, je crois, aux sujets des enfants de Beyla quand le sujet a été évoqué par notre cher ami le Pr ELY Mustapha, un autre nouakchottois (ou ksarois) de la première heure aussi.

Nouakchott, si elle m'était contée...

25 juillet 2007 00:02, par Yanis le r.


Salut Yanis, Mattala, LM et tous les amis,

Nouakchott, quand les souvenirs remontent à la surface, ce sont les images de notre tendre enfance qui nous pincent le coeur.

Plus loin que remontent mes souvenirs , j'avais quatre ans et ma famille habitait au ksar c'était en 1962, nous y étions déjà depuis 1959. J'ouvris les yeux sur ces maisons en brique d'argile que les habitants construisaient par eux-mêmes puis ce fut la migration vers le centre-ville de Nouakchott.

Et l'on habitait, les maisons qui étaient juste derrière les blocs rouges. La famille de Mohameden ould Sidi Brahim habitait, en ce temps là dans ces blocs et dans l'un de ceux attenant à la grand-avenue, habitait notre chère maitresse d'école du marché madam Hassan, une vieille martiniquaise qui nous offrait à la récrée ces petits pains beurrés qui faisait le délice de nos jeunes palais. Il y avait aussi la petite colonie libanaise (les kochman, les lehaf...) et ce jeune instituteur monsieur Ly qui au CM2 nous jouait si bien de la guitare en nous apprenant ce "katouchka, les pommiers fleurissent la clairière" qui résonne encore dans nos oreilles. Et du dernier et unique étage du bloc de l'école du marché nous jetions par les fenêtres nos regards sur un nouakchott silencieux, où les rares automobiles faisaient notre emerveillement..

Et nos virées sur les dunes de nouakchott derrière la médina "R" ou nous passions nos crépuscules à squatter les dunes et à culbuter sur les pneux ou les plus belles figures étaient applaudies.

En ces temps là, c'était, au cinéma, Elmouna, la "kaikouta" de Hammam, puis nos idôles des films de gladiateurs (ou un certain curioss faisait fureur) puis "quand les colts chantèrent la mort et ce fut le temps du massacre", on se massacrait dans la rue à coup d'index et de majeurs pointés et nous nous "course-pouruivions" avec nos petites voitures faites de fil de fer et de boites de "gloria" vides en guise de carrosserie.

On parcourait parfois des distances énormes avec nos bolides que l'on pousssait inlassablement devant nous. Et notre destination favorite était la plage dont nous prenions le dimanche le cap qui commençait ou finissait à la clôture de l'hôpital national qui signalait le début de la "terra nullius" l’inconnu. La ville, et la civilisation s'arrétant à ce point là. Au-delà c’était l’aventure.

On "tapait à pied" (comme on disait) jusqu'à la plage aux refrains de "zendegui"...quand Hema malini hantait nos coeurs innocents et où nos gestes mimaient ceux des "cowboys", ces justiciers qui s'en allaient après avoir rendu justice... Et nous on s'en allait aussi comme eux, le coeur léger. C'était le temps de l'innocence, ou tout nous emerveillait ou l'on portait pour tout habit que le boubou léger et le fameux short à la boucle 007 .On s'atttachait beaucoup plus à nos rêves et nos réalités étaient celles d'une nation en construction qui ne nous imposait rien. Sinon de respecter certaines valeurs immuables : l'amitié, le savoir et l'honneur.

Voilà quelques images éparses qui me sont restées mais qui ne sont que quelques unes d'une mosaique que je saurai retrouver. Car plus on grandit on se rend compte que bien des choses ne reviendront plus. Hélas !

Et quand de l'étranger, on se retourne vers ce pays qui porte tant de souvenirs et bien que différent aujourd'hui, l'on se dit que peut-être un jour on y retrouvera, quelque part, sur une dune une trace de nos pas d'enfants, ou que le vent nous ramenera l'un de nos rires heureux d'autrefois... Et l'on se prend à chanter. Zindegui...

25 juillet 2007 01:09, par le Pr Ely Mustapha


Prof Ely,

Tu m'a emmené les larmes aux yeux en me permettant de remémorer ma jeunesse fantastique. J'ai essayé depuis quelques annees d'expliquer ces choses de la jeunesse à mes enfants (16, 12 et 9 ans) sans succès. On lira ton texte ensemble. Merci, merci et merci. Quel monde merveilleux, le nôtre !

N.B: tu as juste oublié d'Artagnan avec nos épées en fils de fer et Coplan FX 18 qu'on voulait imiter avec des motos que nos parents ne pouvaient nous acheter. What a wonderful world !

25 juillet 2007 01:48, par un anonyme


Nouakchott Des Très Pauvres

Je ne sais vraiment pas ce qu'il faut ajouter à l'excellent écrit du professeur Ely Moustapha. Il faut seulement dire que Nouakchott des très pauvres ne se fait pas sentir. J'ai vecu dans cette zone des pauvres et je la connais très bien.

Mon premier contact avec notre capitale nationale remonte au début des années 70. Après une tres bonne année scolaire, ma mère me demanda de lui dire ce que je voulais comme cadeau. J'ai naturellement choisi d'aller passer mes vacances dans la ville "lumière". L'enfant d'Aioun voulais voir une ville où la nuit ne tombait jamais. J'étais curieux de voir ces ampoules "GEANTES" qui étaient plus puissantes que le soleil. J'avais envie de manger du THIEBOUDJENE et regarder les films Indiens dans de vraies salles de cinema. Je ne voulais plus de ces baches transformées en une salle de cinema à Aioun par KHALED le Libanais.

Une petite conversation entre Al MARHOUM Djibi Sow et ma mere, me donna droit à une place dans le camion Mercedes d'Al MARHOUM Gandega Camara. Le voyage n'était point du tout facile. La route de l'Espoir s'arrêtait quelque part, loin du Hodh et de l'Assaba. Les apprentis étaient obligés d'utiliser toutes les techniques pour empecher le sable et/ou la boue de dévorer la voiture. Trois jours de voyage étaient nécessaires pour couvrir les 810 km qui séparent Aioun de Nouakchott.

La fraicheur, l'odeur de l'océan et la rosée du matin n'étaient pas du goût de l'Aiounois que j'ai toujours été. Après Deux jours j'ai demandé à retourner à Aioun. J'avais déjà la nostalgie de Batha, Markez, Khouweyndy, hopital, Argoub, Meteo, Dar Salam et Moukreya. Nos jolies maisons en pierres me manquaient !

C'était la saison des pluies, j'étais déterminé à retourner pour aller nager à LIGLEYTA et YAH. Je voulais boire le lait des vaches ou le lait Celia. Rose des Nouakchottois ne m'interessait pas!

Mon oncle CC qui n'était pas content de ma décision, exigea à ce que je reste pour quelques jours supplémentaires. C'est ainsi que j'étais obligé de passer deux ou trois semaines de misère à Nouakchott. Il y avait de l'électricité, il y avait du Thieboudjene et j'étais dans les blocs mais ce n'était pas suffisant. AIOUN ETAIT MEILLEURE!

Mon deuxième contact avec Nouakchott avait pour cause la deuxième session du Baccalauréat D. A la première session, j'avais 14 sur 20 en Sciences mais je m'étais debrouillé pour ramasser un 3 en Mathématiques et un 3 en Physique et Chimie. Malgré ces mauvaises notes dans les deux dernières matières citées plus haut, j'avais suffisamment de points pour être parmi les quelques élèves du lycée d'Aioun retenus pour la deuxieme session.

A quelques semaines de l'examen, j'ai fait le déplacement d'AL MELGA. J'avais toujours des difficultés pour quitter mon Aioun bien aimée. Mon calvaire a beaucoup diminué par la présence à nouakchott, pour la même raison, de mon ami Abdallahi Ould Sidamine et par les nombreux encouragements de notre soeur Tahara Fall.

Mon troisième contact avec Nouakchott a eu lieu en 1981, C'était pour étudier à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Je n'avais pas de temps pour aller me défouler dans les cinémas Sahara, Oasis et Al Mouna. La plage des pêcheurs aussi ne m'intéressait point. J'étais ce deraciné d'Aioun perdu dans la ville de Nouakchott. J'habitais chez mon grand frère MC à Sebkha. J'ai également habité chez P. Diawara à El Mina. Tout comme j'ai loué une chambre avec mon ami CSTOBB qui est haut cadre de l'ancien CSA.

La ville de Nouakchott que j'ai connue etait celle des pauvres. Les choses étaient relativement bien chez Diawara. Chez mon grand frère, il y avait deux chambres pour lui, son épouse, sa première fille et moi. Le plus souvent une ou deux personnes de plus dormaient chez nous. Il y avait une douche commune pour quatre familles. Un grand récipient en plastique jouait le role de réfrigerateur. Quand il faisait chaud, il suffisait de faire dissoudre deux sachets de glace dans le récipient pour obtenir de l'eau froide. Quand j'avais faim avant le repas, la solution consistait à acheter un sachet de lait caillé et un sachet de THIAKRI chez le Halpular du coin pour me régaler.

Sebkha c'est aussi l'odeur des jardins maraichers qui hébergent cette bombe chimique en plein centre ville appelée CIPROCHIMIE de notre beau frère Hadya Diagana.

Les habitants des...maisons de Sebkha et d'El Mina ne se sentaient...riches que lorsqu'ils visitaient les KEBATE non loin d'eux. Dans ces endroits, les hommes, les femmes et les enfants ne vivent pas. Ils font semblant de vivre. Dans ces zones, La pauvreté est reine et la misère gouverne. Les meilleurs cartographes du monde n'y retrouveront pas leurs chemins et pourtant l'instinct de survie qui anime les pauvres d'EHEL LIBRAGUE leur permet de connaître et de retrouver très facilement chaque coin qui s'y trouve. ILS SONT LES OUBLIES ET IL FAUT IMPERATIVEMENT LES AIDER!

Nouakchott des riches commence à partir des ilots V, K, C et la vraie Tevragh Zeina. Je laisse à d'autres le soin de décrire ce qui s'y passe. Je préfère ne pas en parler.

To be continued!

25 juillet 2007 05:02, par un anonyme


Cher Prof

Merci beaucoup pour ces souvenirs heureux. Les bonheurs les plus intenses relevent bien souvent des choses simples. Je suis arrivé à Nouakcott en 1961 il n'y avait pas de nouveaux riches on vivait tous des conditions humbles, solidaires parfois spartiates mais dignes sous tout rapport. Honneur - Fraternite - Justice avaient tout leur sens. Qu'est ce qu'on était heureux.

Ma première enseignante au CP1 de l'ecole du Marche (annee scolaire 62-63) fut Madame Hassane femme d'exception j'ai rarement revu personne capable de prodiguer autant d'attention à ses élèves et leur transmettre l'amour de l'école (en ces temps là on allait à l'ecole en courant et il fallait que le gardien nous en chasse apres 17h).

Comme toi j'avais toujours pensé que Madame Hassane était Etrangere pour découvrir par la suite qu'elle était ce qu'il y a de plus Mauritanien née de mere Mauritanienne en Mauritanie. Le Directeur était un Français qui s'appelait Mr Guilloux (si ma memoire ne me trahit pas).

Nostalgie quand tu nous tiens ...

25 juillet 2007 10:35, par un anonyme


Nouakchott, c'est celui aussi des années 80 du côté de l’Ilot L, M, P, V et surtout de la BMD dans lesquels des ados organisaient des sortes de groupes ou de gangs qui portaient des noms comme : the Bros, Wham, Rock C ou alors les fameux ham’s.

C'était le temps des boom dans lesquelles certains se mettaient même à la chanson et d'autre écrivaient des chansons à texte ; je me rappelle du texte des rock C l'été 86, ça faisait :

A l'ilot A, c'est Alioune

A l'ilot M, c'est Moice

Les ham’s eux, c'était du côté du restaurant Mamounia pas loin de l'église, et il fallait être super branché pour participer.

C'est durant ces années là, que Malick se mettait à la porte de l'Oasis en début de soirée pour procéder à son passe temps favoris et il ne fallait pas s'aventurer accompagné sans avoir un supplément pour lui si non c'est le froissement en public.

Les salles de jeux venaient de voir le jour et les snack pointaient du nez, il y en avait un de très populaire (pas loin de bana blanc en langage d'aujourd'hui) il était tenu par une "anglaise".

C'était le Nouakchott moderne qui venait de voir le jour, mais pas pour longtemps…

PS: LM dis moi que t'étais là

25 juillet 2007 10:50, par un apprenti poète


Nouakchott, la Capitale

(700.000 habitants). Ville champignon tracée au cordeau, Nouakchott mérite une halte de quelques jours afin de s'imprégner de l'âme pluriculturelle de la Mauritanie. Construite sur un plateau de dunes à 5 km du littoral atlantique, la capitale (depuis 1957) a été créée à partir d'un simple poste militaire à la jonction du pays maure nomade et des populations sédentarisées du fleuve Sénégal.

Son port en eau profonde, implanté à proximité en 1989, est l'un des plus modernes du continent africain.

Cette ville portuaire est la plus grande du pays. Lors de sa création, le site se trouvait à plusieurs jours de marche du désert, désormais il est en plein Sahara. A l'image des congères, le sable s'amoncelle contre les murs et les palissades. La ville a perdu un peu de son dynamisme à la suite des émeutes de 1989, mais les deux marchés restent animés et la plage, que l'on dit peu sûre, est agréable pour se baigner et faire du jogging. Construite pour 200 000 habitants, Nouakchott en abrite déjà cinq fois plus et concentre plus de 40% de la population totale. Les quartiers périphériques ne sont guère que des bidonvilles faits de baraques en tôle et de tentes.

Nouakchott est le symbole de la dimension pluriculturelle de la Mauritanie. En effet un brassage des différentes ethnies négro africaines et arabo-berbères donne à cette ville un caractère unique en Afrique. Vous y trouverez une grande concentration d'hébergements, de restaurants et de magasins en tout genre. Une particularité de Nouakchott, les épiceries et les magasins d’habillement sont ouvert très tard la nuit.

Nouakchott possède une université et une école nationale d'administration. L'aéroport se trouve à 4 km du centre-ville. Le port de pêche artisanal, les jardins potagers (oasis de plusieurs hectares au coeur de la ville) et le musée national sont les principaux lieux d'intérêt de Nouakchott. La plage, l'une des plus grandes au monde, est aussi l'une des plus dangereuses, même pour un nageur averti, mais il faut prendre le temps de rouler doucement le long des grèves, à marée basse, juste pour le plaisir.

25 juillet 2007 11:52, par un anonyme


Je suis un pur nouakchottois des années 65, habitant à l'époque ilot A pas loin de boutique douane, qui était en face du 1er bureau des douanes à Nouakchott. Mes voisins étaient Hamama Fall, la famille Kwemil, la famille saibout et le vieux "kourbelli". C'était l'époque de l'insouciance et de la fraternité. L'époque aussi de l'abondance avec le CFA.

Ce qui me chagrine c'est que toutes ces familles ne sont plus à Nouakchott aujourd'hui. Ils ont été délogés par les nouveaux venus. Quand je suis dans la rue, je ne vois que des nouveaux visages inconnus, moi qui habite ici depuis 1965!

Il m'arrive de rencontrer un promotionnaire de classe, école du marche, collège de garçons ou du lycée national (au passage, permettez moi de pleurer devant ce batiment délabré, qui fut le berceau des cadres, de l'élite de ce pays) et c'est comme si j'ai rencontré un frère, une partie de mon passé et nous parlons avec plaisir de notre enfance.

Des souvenirs à jamais enfouis dans notre mémoire.

25 juillet 2007 12:13, par Hamid


salut tous,

à mon époque c'était un peu ghéto.

le foot, le vélo, les billes, du katch (à l'école), les pigeons.

c'était l'époque des gangs, du cinéma avec mitim, govinda salem5...

du mbourou sauce, du firir, des balbastiques, des pastelles...

griller des yayboy à la plage

vous vous rappelez comment on fait pour obtenir un krèm-glaç en plein été?

on cherchait le gars qui traine le chariot avec son fameux bruit "taaara tara" ...

je m'amusais bien j'étais super content dans ma peau.

pas plus noikchottois que moi

25 juillet 2007 13:42, par Rimo


Les canalheurs,

Quand on a des nostalgiques des années 62-70, ce n'est pas la blague. C'est les 50 ans + . C'est la crème du pays ça. Heureux d'être parmi mes amis et j'ai certainement joué avec la plupart parmi vous : les dogui, les m'bodj (qui me rançonnait chaque jour et m'amenait fouiller les poubelles de l'Ambassade de France pour lui), les camara, les toure, les sall les semane, les Ahmed ould sidi, les abidine, les sabah (qui me giflait chaque matin car j'arrivais en retard), les taxis à 20 francs (qu'on préférait empocher et aller au ksar en 5 minutes en culbutant sur les dunes passant par le château d'eau habituel), les Biri Diagana, les lebbat, et d'autres et d'autres. What a wonderful world ... A-

25 juillet 2007 15:05, par un anonyme


Souvenirs de Nkt du debut des années 70

Ksar: prés rebinet bouggouffa sur le chemin de l'école, y'avait shoueideh tout matinal, il faut fuire en lui criant "Shoueideh, lemeideh Ainou Fiha Gdah".

Il y'avait aussi khadem mindoun mais je me rappelle plus d'ou elle sort.

Le soir au cinema lejouad et Sahara gomez, il faut toujours chercher quelqu'un pour completer le billet.

J'aimai bien me rendre au "café diallo" près du carrefour qui mène au cinéma et à l'école 1, juste en face de la maison de ahl Tomy, là il y'avait souvent Diable rouge le supporter de l'équipe du Ksar qui expliquait pourquoi son son equipe est invincible.

Il y'avait, aussi de l'autre coté du ksar (pas loin du stade) l'inoubliable four de Mbarek chelhi qui dégagait odeur magique pain.

à 5 um on pouvait se rendre à la capitale dans un petit beau taxi R4 peint aux couleurs nationale, c'était souvent pour acheter des sandwichs chez Sindibad et des glasses avec RIMAglaces, aller à la matiné au cinéma el mouna et c'était l'occasion de la bataille avec "Froukhat" capitale que nous prenions pour des ennemis.

notre monde ksarois etait vraimment tout petit

25 juillet 2007 15:18, par un anonyme


"Shoueideh, lemeideh Ainou Fiha Gdah" Ano tu as omis a la fin c'est MITT GDAH Et pour Kouedem Ndoun elle était folle toujours à moitie dévêtue et elle n'est plus en vie depuis longtemps, comme Shoueidah d'ailleurs. Je n'oublierai jamais ce monsieur qui nous faisait tous peur avec son martinet à la main, pourtant il était tout menu et tout petit mais ca n'a pas empêché qu'on ait eut aussi peur de lui. Nous frémissions à l'ecoute de son nom. Aussi il était borgne. Il y aussi le cinema EL MOUNA à toutes les fetes nous devions nous débrouiller pour trouver assez de DEWNE pour y aller car une fête sans aller au ciné n'est pas une fête.

25 juillet 2007 16:39, par un anonyme


Qui peut nous dire si Mme Hassan est toujours en vie ou non ? Elle a formé toute une génération de 60 à 72 à l'école Marché. Je me souviens fort d'elle. De sa férmeté avec nous au CP2 "Vous ne serez rien si vous ne réussissez pas vos Etudes" "Vous serez des Pauvres à la charge de vos Parents!!! etc . Elle a un fils qui s'appelle Roger qui était au CM1 en 1969. Ou on peut trouver des photos de classes de cette Epoque, on en faisait chaque fin d'année. C'est le bon vieux temps de l'insouciance et de la dignité.

25 juillet 2007 19:28, par un anonyme


Salam

Comme Prof ELY, je suis un natif de cette ville (1960) :

-Boutique douanes, les blocs 1,2,3,4,5 et les blocs manivel, dispensaire Monzi, les écoles : d'application, khayar et son fameux surveillant général Lakhassail, justice, école assemblée, école du marché.

-Nos instituteurs : Madame Derwich, Oumar ould yali, Shakho mamadou Dikal (le tueur), chabarno, les frères sabah entre autres...

-Les épiceries bitard, perrisac, Sejean, Siémi (concessionnaire automobile), les établissement Nasour.

-Les médinas, centre culturel français avec sa fameuse directrice Madame de la Roziére, sa bibliothèque et son cinéma.

-La mascotte de NKTT "GABOUNE" aussi fou que moche, cissé le fou

-Cinéma el mouna, Gomes.

-Hammam Fall qui se déguisait en singe pour défiler le jour de la fête nationale.

-Les parachutages des commandos dirigés par le capitaine Souédate (mort au sahara en héros).

-Sans oublier ces petites gens qui étaient des personnages de l'époque : Lachoukra, Bagdad, Josman (réparateur de vélos et mobylettes), La famille Bouki, simpal TOURAS, Massa la première racaille de NKTT, sa soeur Magatt, le fameux lieutenant Diarra momoy (un grand sec et nerveux), Galwadec.

-Parmi les aînés qui ont fait le pays : Mouknass, youssouf koita, ba mamoudou Samboli, Ould Salah, Mekheitrat, sidi mohamed diagana et tant d'autres.

-L'avenue de la dune aujourd'hui l'avenue Gamal Nasser, le Warf ancien port de NKTT.

je vous parle du siècle dernier dit le FOU.

25 juillet 2007 21:27, par Maatala


Merci Maatala. J'avais oublié Massa qui tapait fort. Mon problème c'etait M'Bodj (devenu mécanicien) : tous les jours à la récréation un oeil au beurre noir et les samedis diection maisons des coopérants à côté de l'Ambassade pour fouiller les poubelles des nassaras pour mon chef m'Bodj. Quelle belle époque !

25 juillet 2007 22:19, par un anonyme


Je n'ai pas mis tous les autres commentaires, qui ne concernaient que très peu Nouakchott, voir le blog si vous vous intéressez aux échanges sur des sujets actuels très sensibles.